Les gendarmes vont régulièrement à la rencontre des classes de CM2 pour discuter des problèmes qui peuvent survenir au collège. Exemple récent à Rillieux
« Je ne suis pas venue vous parler de trucs très rigolos. Il s’agit de vol, de violence ou de racket. Ce n’est pas parce que j’en parle que cela va vous arriver, mais au cas où, vous saurez quoi faire et comment réagir ». Ce jour-là , Laurence Berche rencontre une classe de CM2 à Rillieux-la-Pape. Composée de six gendarmes, la brigade de la prévention de la délinquance juvénile a une double mission.
Recueillir la parole des enfants qui ont eu un problème, et faire de la prévention dans les établissements scolaires.
La drogue et les violences au lycée, les dangers de l’Internet au collège (un module qui pourrait d’ailleurs prochainement arriver à l’école primaire, compte tenu de l’âge moyen des blogueurs), et en CM2, l’entrée en 6e. Cette étape importante, où les grands du primaire deviennent les petits, plus vulnérables, du collège.
Principale crainte, le racket. Que faire en pareille circonstance ? Céder son goûter sans broncher ? « Les auteurs de racket ne sont pas des courageux car ils sont plus grands et souvent à plusieurs. Alors, ne vous mettez pas en danger en résistant mais par contre, allez le dire tout de suite. Sinon, cela ne s’arrêtera jamais. C’est pareil pour le grand qui s’amuse à vous mettre une baffe au passage. Récemment, nous avons interpellé deux auteurs de racket qui Å“uvraient depuis plusieurs semaines et depuis, la peur a changé de camp », explique le gendarme qui apporte cependant une recommandation : « Vous n’êtes pas obligé non plus d’exhiber le dernier MP3, un portable dernier cri, ou encore venir avec de l’argent. Au collège, tout cela est inutile et cela risque de vous mettre en danger ». Ne pas se taire, c’est d’ailleurs le fil conducteur de l’intervention. Comme lorsqu’un copain vient confier qu’on lui a fait telle chose au collège, ou en dehors, mais que c’est secret : « S’il vient vous en parler, c’est qu’il a besoin d’aide. Il y a toujours un adulte autour de vous en qui vous avez confiance. Il faut parler. Le problème qui semble insurmontable pour vous, un adulte peut vite le régler. »
Le collège, c’est aussi le lieu où il faut résister à certaines pressions ou tentations : « T’es pas cap d’aller taguer ce mur ? Mais t’es vraiment une lopette ! C’est dur de résister sous peine d’être exclu du groupe », reconnaît l’intervenante de la gendarmerie, « mais le plus courageux, c’est celui qui dit non, pas celui qui dégrade ou qui vole. »
La récréation vient de sonner, et une dizaine de mains sont encore levées. Pendant une heure, tout aura été abordé, sauf ces jeux dangereux comme celui du foulard. « Inutile de les éveiller à ce genre de pratique et de leur donner de mauvaises idées », estime la gendarmerie.


