C’est le grand jour pour les bénéficiaires du RSA. L’allocation est versée sur leur compte à partir d’aujourd’hui. « Les délais [de virement] sont variables selon les organismes bancaires des allocataires », avertit la CAF de Lyon. Dans le Rhône, 33 144 personnes toucheront ce Revenu de solidarité active. Parmi elles, 25 758 sont des ex-allocataires du RMI ou de l’API, automatiquement basculés dans le nouveau dispositif. Les 7 386 autres sont de nouveaux bénéficiaires (travailleurs pauvres, souvent à temps partiel). Les uns et les autres pourront cumuler revenu salarié et allocation jusqu’à concurrence de 1,04 Smic (environ 1 100 euros net). A titre d’exemple, la CAF de Villefranche qui couvre le nord du Rhône, indique que le montant moyen des sommes allouées sera de 365,50 euros par mois pour les ex-Rmistes, 393,85 euros pour les ex-bénéficiaires de l’API, et 170,03 euros pour les nouveaux bénéficiaires (travailleurs pauvres).
A Villefranche, 21 % des demandes de RSA ont été rejetées (ressources supérieures, activité non conforme, titre de séjour non valide, montant inférieur au seuil de versement, personne de moins de 25 ans et personne à charge). Le démarrage du RSA est beaucoup plus lent que prévu. 25 000 nouveaux bénéficiaires étaient attendus dans le Rhône ; ils sont, à ce jour, trois fois moins nombreux à s’être manifestés. « Il peut s’agir de fatalisme : certains n’y croient plus mais je pense que le bouche à oreille va fonctionner dans un sens positif », prédit Albéric de Lavernée, vice-président du conseil général. Selon lui, une part de « méfiance vis-à-vis du contrôle exercé par l’administration » peut expliquer en partie la frilosité actuelle. « Il y a quelques situations très marginales de travail illégal. Ces personnes n’ont pas intérêt à entamer des démarches. » Michèle Picard, maire de Vénissieux, a une autre interprétation. « On estampille les gens comme des pauvres, cela représente pour eux du traçage et des sanctions : ils ne sont pas dupes. » Après mars 2010, certains allocataires du RSA (ceux suivant un parcours d’insertion professionnelle, mais pas ceux relevant d’un accompagnement social) auront l’obligation de s’inscrire à Pôle Emploi. En théorie, ces allocataires risqueraient donc les mêmes sanctions (radiations) au-delà de deux refus d’offres dans un rayon de 30 kilomètres.

