Dans un magasin du centre commercial de la Part-Dieu, un vendeur chantonne. Devant lui, quatre files de clients, traversant la moitié du magasin, vont passer à la caisse. Il n’est que 9h30. Pour ce premier jour des soldes d’été, la bonne humeur semblait au rendez-vous, hier matin, pour les commerçants de la Part-Dieu. Cette grosse affluence pourra peut-être rattraper les mauvaises recettes des mois précédents.
Les rabais sont déjà importants. Jusqu’à moins 70 % dans certaines grandes enseignes. Mais pas de quoi galvaniser les clients. La plupart sont organisés et méthodiques. Michelle est maman de deux enfants en bas âge. A tout juste 10 heures, elle avait déjà été dans tous les magasins qu’elle souhaitait : « J’étais dans le centre dès 8 heures pour éviter la foule. J’ai acheté des habits pour mes enfants. En temps normal, c’est très cher et je n’achète plus qu’en période de soldes. Pour gagner un maximum de temps, je les ai laissés à la maison. Si les vêtements ne vont pas, je peux les changer dès lundi prochain. » En période de crise, les habitudes changent.
« J’ai un budget serré cette année et je ne veux pas faire d’erreur. Je fais attention à prendre des articles de bonne qualité pour ne pas me retrouver avec des vêtements que je ne mettrai pas après », explique Sonia.
Fanny, elle, marche au coup de cœur : « Je n’ai pas un budget précis. Si je trouve un article qui me plaît vraiment, je le prends! » La journée risque d’être longue pour les vendeurs, caissiers, et responsables de magasin. Ils conseillent, encaissent, rangent les articles sans cesse déplacés. « Aujourd’hui, on court partout, il faut être là dès qu’on a besoin de nous. S’il y a trop d’attente en cabine ou aux caisses, les gens jettent l’éponge. »
Et le problème vient souvent des cabines d’essayage. Certaines ont été rajoutées mais ce n’est pas suffisant et les clients font leurs essayages dans les rayons.
Rue de la République, à Lyon 2e. L’après-midi ensoleillé est propice aux achats. « Il y a plus de monde que ce matin », constate Samifa, caissière dans une grande enseigne de vêtements.
Ce sont ces chaînes de magasins qui ont le plus profité de l’affluence d’hier. Les petites boutiques ont été moins fréquentées. Les clients ont préféré privilégier les démarques plus importantes pour ce premier jour de soldes. Même les enseignes de luxe ont proposé des rabais considérables : un sac à main à 372 euros au lieu de 620. La crise touche tout le monde.

