Une petite lueur d’espoir. C’est ce que laissent entrevoir les tendances régionales publiées par la Banque de France pour le mois de juillet. C’est en effet la première fois depuis plusieurs mois que les prévisions des 750 chefs d’entreprises interrogés se teintent d’un relatif optimisme. Mais attention : la progression de l’activité industrielle, qui s’était stabilisée lors des trois mois précédents, est qualifiée de « très légère » et les différents secteurs ne sont pas logés à la même enseigne.
Les industries alimentaires s’en sortent bien
Ce sont elles qui ont enregistré les hausses de production les plus marquées. La demande a augmenté, les carnets de commandes se retrouvent à l’équilibre et les projections tablent sur une légère augmentation de la production et un maintien de l’emploi.
Automobile : la demande augmente mais…
Côté équipements automobiles, la demande est en hausse, mais les stocks restent lourds et les carnets de commandes au régime. Les chefs d’entreprises anticipent cependant une reprise de l’activité. La fabrication de carrosseries et de remorques a progressé doucement, afin de reconstituer les stocks de produits finis.
Les carnets de commandes permettraient d’établir des projections positives, mais cela ne devrait pas empêcher les effectifs de se réduire.
Biens intermédiaires : un léger mieux
Les industries de la chimie, des composants électriques, de la sidérurgie et de la fabrication de produits métalliques ont connu un regain d’activité, mais cela ne suffit pas à consolider des carnets de commandes exsangues. Exception faite des industries textile et chimique, où l’on prévoit une stabilité de l’emploi, des réductions d’effectifs restent à craindre.
Biens d’équipement : constat en demi-teinte
La tendance est à la stabilisation de l’activité, après dix mois de baisse. Les stocks restent importants et les carnets de commande peu garnis. Dans le secteur de la chaudronnerie et de la fabrication de machines d’usage général, des diminutions d’effectifs sont toutefois envisagées.
Biens de consommation : des disparités
L’industrie pharmaceutique accuse une légère baisse pour le sixième mois consécutif, or les chefs d’entreprise du secteur misent sur un rebond rapide de la production. Les fabricants de meubles ont enregistré une modeste progression d’activité, et faute de commandes suffisantes, les effectifs continuent à se réduire. Les constats sont plutôt positifs pour la bijouterie, l’imprimerie (progression de la demande et stabilisation des effectifs), mais le repli de l’activité de l’industrie de l’habillement se poursuit.
Fabien Randanne
Chimie : la fabrication progresse
Fin juin, Gérard Guilpain, le président de l’Union des industries chimiques (UIC) de Rhône-Alpes, ne cachait pas l’ampleur des difficultés rencontrées par la filière. Parmi les plus éprouvées par la crise, elle représente plus de 30 000 emplois dans la région. « Depuis neuf mois, nombre de PME en difficulté de trésorerie ont fait de la plongée sous-marine ; aujourd’hui, certaines sont au fond du gouffre », constatait-il à l’occasion de l’assemblée générale de l’UIC. Tout en ajoutant qu’il faudrait attendre septembre pour en savoir plus, il se refusait à faire une quelconque projection pour les prochains mois.
Mais à en croire l’étude de la Banque de France, dans l’industrie chimique, la fabrication serait en progression, dynamisée par la demande étrangère. Et, pour les mois à venir, les chefs d’entreprises du secteur tablent sur une stabilisation des volumes produits et des effectifs.
F.R.


