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Burqa : la Ligue des Droits de l’Homme s’interroge sur le débat

Publier le Dimanche, juin 28, 2009

Les sections régionales de la Ligue des Droits de l’Homme ont tenu leur assemblée hier à Feyzin. Elles représentent aujourd’hui environ 850 adhérents. Rencontre avec Mirelle Bertho, déléguée régionale de la Ligue.

Sur quelles actions travaille aujourd’hui la LDH ?

Nous intervenons dans le domaine des discriminations, de l’économie, du social, de la culture, ou de la santé, pour l’accès de tous aux soins. Aujourd’hui, nous sommes notamment interpellés sur le problème des fichiers, du respect de la vie privée, de la présomption d’innocence, de l’impact des réformes de la justice pour les mineurs et des conditions d’incarcération.

Quelle est la position de la LDH sur le voile intégral ?

Nous ne faisons pas la promotion de quelque vêtement que ce soit qui marquerait une infériorité. Mais nous nous interrogeons sur la résurgence d’un débat sur le port d’un vêtement dans l’espace commun quelque temps après celui qui a eu lieu sur le voile à l’école. Nous trouvons curieux que des élus demandent aux imams s’il s’agit d’un emblème religieux. Parallèlement, on s’exonère de poser la même question sur le port de la soutane ou des habits des religieuses. La question se pose donc seulement vis-à-vis de l’Islam, à un moment de crise sociale. Comme si la question du voile devait voiler d’autres problèmes… Dans tous les cas, nous estimons qu’il s’agit d’un débat difficile, complexe, qui demande sagesse et précaution.

La question des fichiers reste aussi d’actualité…

La surveillance sociale a toujours existé. Le pouvoir a toujours essayé de savoir où étaient les sujets, ce qu’ils pensaient, dans un objectif de maintien de l’ordre public. Aujourd’hui, le fait que les fichiers échappent à la matérialité pose un problème supplémentaire. Ils peuvent être dupliqués. Ils permettent de faire des requêtes (des tris) très rapidement. Nous constatons que les fichiers police sont exponentiels et comportent un taux d’erreurs préoccupant. Par ailleurs, le fichier base élèves contient des données nominatives sur leurs difficultés, données qui seront conservées 35 ans. Nous refusons une société de la surveillance.

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