L’affaire Nora Berra, révélée mercredi dernier par Le Canard Enchaîné, est comme le fil d’une une pelote de laine qu’on tire jusqu’à ce qu’elle se déroule entièrement. Après que le quotidien satirique a balancé que la secrétaire d’Etat aux Aînés a perçu des indemnités de conseillère municipale à Lyon (1 294 euros par mois) alors qu’elle était en arrêt maladie entre le 28 mai et le 6 novembre 2008, Le Progrès apprend, cette semaine, que d’une part, la secrétaire d’Etat a été licenciée de chez Sanofy Pasteur MSD à l’issue de son arrêt de travail, en novembre. Et d’autre part, que cet arrêt a été prolongé d’environ cinq mois à l’hôpital Edouard-Herriot. Nora Berra y a exercé en tant que médecin du service immunologie jusqu’à sa démission après son élection le 7 juin au Parlement européen. Une activité qu’elle a menée jusqu’à fin 2008 en parallèle à ses activités de conseil dans le laboratoire de Marcy-l’Etoile. Certes, le versement des indemnités d’un élu durant un congé maladie est une disposition du code du travail ( Le Progrès du vendredi 17). Tout comme l’autorisation de licenciement dans le cadre de la réorganisation d’un service, après six mois d’arrêt maladie. Mais on peut se demander ce qui justifie un arrêt de travail aussi long. Du reste, les détracteurs de la secrétaire d’Etat n’hésitent pas à évoquer un « arrêt de complaisance ». « Je n’ai pas à répondre, je n’ai pas à me justifier sur mon arrêt de travail. Je me suis forcée à aller au conseil municipal car je percevais des indemnités d’élus, c’est tout », nous a expliqué hier la secrétaire d’Etat, affirmant que son départ de chez Sanofi Pasteur MSD a, quant à lui, été « négocié ».
Autre élément tout aussi embêtant recueilli, hier, durant notre enquête : Nora Berra pourtant née à Lyon, aurait poursuivi des études à l’Université d’Oran (Algérie) sans avoir passé ensuite les équivalents en France de ses diplômes, pourtant nécessaires à l’exercice de la médecine. Seuls sont reconnus en France les diplômes européens. « C’est quoi cet acharnement ? Je n’ai pas volé, je n’ai pas tué », rétorque la secrétaire d’Etat.
Jacques Boucaud

