Henri D, 47 ans, a été condamné hier par le tribunal correctionnel de Lyon à deux ans d’emprisonnement avec sursis et une amende de 40 000 euros. Le tribunal a prononcé une peine complémentaire d’interdiction d’exploiter tout établissement accueillant du public pour une durée de cinq ans.
Le tribunal l’a non seulement jugé coupable de trafic de hasch et de cocaïne, lui-même ayant reconnu avoir consommé de la drogue, mais a aussi retenu le délit de « facilitation d’usage de stupéfiants », contre l’ancien gérant de la discothèque le Titan à Couzon-au-Mont d’Or. La responsabilité d’un patron de discothèque dans la consommation de drogue dans son établissement : il s’agissait d’un point central de cette affaire.
Les magistrats ont donc estimé que le patron de la discothèque était parfaitement au courant de la circulation de stupéfiants dans l’établissement. L’homme s’en était défendu, Me André Soulier, son avocat, avait décrit sa dérive personnelle, un gâchis plutôt qu’un trafic délibéré. A l’audience qui s’était déroulée fin février, un ancien client avait raconté comment les cachets d’ecstasy étaient abondamment distribués et comment le personnel savait, à travers quelques contrôles effectués sans jamais prévenir les services de gendarmerie. Ce qui a laissé l’impression d’une forme de tolérance, voire de complaisance. D’ailleurs, parmi ces clients, Fabien M., 30 ans, fournisseur patenté qui a payé de sa santé sa forte consommation d’ecstasy, a assuré que la discothèque avait à l’époque, entre 2005 et 2006, la réputation d’être un lieu où la drogue se trouvait facilement. Lui-même revendeur d’ecstasy, a été condamné à dix-huit mois d’emprisonnement dont six ferme avec la possibilité d’aménager sa peine. Un autre protagoniste, en état de récidive, a été condamné pour trafic de stupéfiants à dix-huit mois de prison dont sept avec sursis et mise à l’épreuve. Les trois autres personnages cités dans le dossier ont écopé de peines de huit mois avec sursis à quinze mois avec sursis.
R.S

