A Bordeaux, Bordeaux bat l’Olympique Lyonnais 1-0 (mi-temps 1-0). Arbitre: M. Undiano Mallenco (Espagne). Temps frais. Pelouse moyenne. 31.962 spectateurs.
But: Chamakh (45ème).
Avertissements: à l’Olympique Lyonnais: Cissokho (34ème), Gonalons (67ème), Toulalan (69ème), Källström (78ème), Delgado (89ème).
BORDEAUX: Carrasso. Sané, Ciani, Planus (Cavenaghi, 84ème), Trémoulinas. Plasil, Diarra (Chalmé, 70ème). Jussiê (Gouffran, 77ème), Gourcuff, Wendel. Chamakh.
l’Olympique Lyonnais: Lloris. Réveillère, Cris, Boumsong (Bodmer, 77ème, Cissokho. Gonalons, Toulalan, Källström. Delgado, Gomis (Pjanic, 66ème), Bastos (Ederson, 88ème).
D’un de nos envoyés spéciaux
l’Olympique Lyonnais l’a fait. Au bout de mille souffrances, il a sorti Bordeaux et peut désormais s’autoriser les rêves les plus fous. Néanmoins, et sans surprise, le stade Chaban-Delmas était prêt pour l’exploit et l’entame s’avérait logiquement bordelaise. Gourcuff avait la vision haute et claire. Chamakh bouillait entre Cris et Boumsong et les premiers ballons soulevaient le frisson.
Pourtant, en alternant jeu court et jeu long et en misant sur la technique de Delgado, l’OL desserra rapidement l’étau. Les transversales bordelaises n’arrivaient plus et le trio Gonalons-Toulalan-Källström émergeait. Au fil des minutes, la rencontre faisait mieux que s’équilibrer. Récupérant des ballons, jouant vers l’avant, les joueurs lyonnais se procurèrent ainsi cinq corners et obtinrent deux coups francs exécutés par Bastos. Mais, s’il y eut bien un vrai danger dans les parages de Carrasso, l’efficacité n’était pas au rendez-vous. Et on sait toute l’importance des coups de pied arrêtés.
Ce sont pas les Bordelais qui vous diront le contraire. Les quatre premiers coups francs de Wendel, qui ne cessa de se chauffer avec Cissokho, mirent le feu dans la surface lyonnaise. Mais, c’est sur l’un de leurs autres points que les hommes de Laurent Blanc allèrent au bout de leurs intentions. Avec le relais astucieux de Jussiê, Trémoulinas, l’un des meilleurs passeurs du championnat, centra. Les dégâts seront considérables car Chamakh était tout naturellement passé par là.
Buteur lors du match aller de championnat, buteur il y a une semaine à Gerland, l’international marocain plongea les Lyonnais dans la consternation. On jouait la 45ème minute et Bordeaux venait d’effacer la moitié du chemin. On devine dans quel état d’excitation il revint sur la scène d’un théâtre à ciel ouvert. La dramatique était en place. Il restait à en connaître la dernière réplique. La reprise se révélait d’autant plus inquiétante que, contrairement à la première période, les Lyonnais jouaient mal les coups et on se demandait déjà comment ils allaient bien pouvoir tenir.
Toutefois, le jeu bordelais commençait à bégayer. Gourcuff détenait moins de solutions et les minutes qui défilaient étaient lyonnaises. Il y avait un hic: elles ne défilaient pas assez rapidement et la menace était plus que palpable. On venait de passer l’heure de jeu et un coup de théâtre intervenait avec la sortie sur blessure de Boumsong. Bodmer, puis Gouffran, immédiatement après rentraient au cœur d’une bataille à l’intensité incroyable.
Cette fois-ci, l’OL subissait véritablement. Les Bordelais donnaient tout. Avec bien sûr plus ou moins de lucidité. Mais, le plus inquiétant tenait en ceci: malgré l’entrée de Pjanic, les Lyonnais ne proposaient plus grand chose et ne pensaient plus qu’à résister. Arrière gauche du Brésil, Bastos était devenu avant-centre de l’Olympique Lyonnais et, désormais, chaque minute, comptait. Elle pesait même des tonnes.
A la 84ème, Laurent Blanc joua son va-tout en lançant Cavenaghi à la place de Planus. Deux minutes plus tard, Lloris signa une sorte de miracle et tout un stade s’embrasa. Pour la petite histoire, on avait dépassé cette fameuse 87ème minute où l’Olympique Lyonnais céda à Milan. La terre promise n’était plus très loin. A trois minutes, très exactement. Le temps additionnel dura une éternité. La mer rouge et blanche, les couleurs bordelaises hier soir, allait s’ouvrir au bout de l’émotion. Il était 22h35 lorsque M. Undiano Mallenco donna son ultime sifflet. Celui-ci avait les accents de l’histoire. Après dix ans de campagne européenne et trois quarts de finale, l’OL intégrait le dernier carré de la Ligue des champions. Les 21 et 27 avril prochains, il défiera le Bayern Munich. L’orgueil chevillé au corps. La folie dans les jambes. Place à la grande aventure.
Antoine Osanna

