A la sortie du conseil municipal, hier soir, Gérard Collomb était hilare. « Vous voyez, bientôt, tout le monde sera d’accord pour le stade à Décines ». Le maire va vite en besogne. Mais le dossier avance. Dernière étape, la mission d’information et d’évaluation portant sur le devenir des grands équipements sportifs de Gerland. Une mission demandée par les groupes d’opposition au conseil municipal. L’occasion pour Michel Havard, porte drapeau du groupe Ensemble pour Lyon, de le dire clairement, « le projet d’OL Land, tel que prévu, ne peut pas se faire à Gerland par manque de terrains disponibles pour la réalisation de l’ensemble du projet immobilier ».
Le parlementaire UMP n’est pas allé jusqu’à encourager le projet de Décines, mais a très diplomatiquement, vis-à -vis de ses collègues de l’Est lyonnais, fait un pas en avant.
Du côté du MoDem, groupe Lyon Démocrate, même son de cloche. Mais alors, que faire de ce stade ? Réponse plutôt consensuelle des groupes politiques municipaux : le salut vient du Lou, club idéal pour devenir le club résident de Gerland.
Mais il n’y a pas que le stade qui pose problème. Un Palais des Sports vétuste, peu adapté et qui va subir la concurrence d’une nouvelle salle portée par Gilles Morreton dans le cadre du projet Cap 2010. Pour Christophe Geourjon, MoDem, « Lyon a besoin d’une salle avec une capacité de l’ordre de 4 à 5 000 spectateurs, mais également de salles d’entraînement supplémentaires. Pour cela, nous souhaitons une étude technique approfondie ». Pour le groupe EPL, la question se pose : on démolit ou on modernise ? Première étape pour Michel Havard : « Étudier les possibilités d’évolution ».
Troisième équipement passé au crible, la piscine. Elle aussi vétuste mais dont la modernisation est pour tous indispensable : « Une priorité », a assuré Thierry Braillard, adjoint aux Sports, qui a présidé la commission.
Enfin, la Plaine des jeux. « Une utilité et une nécessité qui n’est plus à prouver pour Ensemble Pour Lyon. Mais là encore, des investissements sont indispensables pour moderniser l’équipement.
« Un consensus est en train de se produire s’est félicité Gérard Collomb, j’ai entendu combien de vos amis dirent que c’est une hérésie de quitter Gerland, ça fait un peu du bien au cÅ“ur », s’est amusé le maire en s’adressant au leader de son opposition. « Le stade de Gerland sera un lien qui rayonnera en France et dans le monde, l’occasion de porter haut le Lou Rugby. Gerland sera, demain, l’un des quartiers qui se développera le plus ». La réserve est venue d’Etienne Tête (Verts) évoquant « un avenir sportif qui manque de crédibilité. Aucune grande agglomération n’est première en foot, rugby et basket ». L’élu a même proposé de vendre le stade au privé.
Geoffrey Mercier
Pour les élus, le Lou rugby naturellement successeur de l’OL
L’affaire semble entendue. Le Lou devrait être le club résident du Gerland post OL. Mais les obstacles sont encore nombreux et d’abord sportifs. Aujourd’hui, le Lou peine à réunir 4 000 spectateurs par match.
Des spectateurs qui risquent de se sentir un peu isolés dans les travées de Gerland.
Si le Lou parvient à se hisser dans le Top 14, l’affluence sera évidemment supérieure et le club pourra espérer, à l’instar du Stade Français, réunir 25 000 personnes pour supporter son équipe.
Dans tous les cas, des investissements seront nécessaires.
« On est en train de préparer le fait que le Lou devienne un grand club » a voulu rassurer Gérard Collomb.
G.M.


