L’encre de la signature de Karim Benzema au Real était à peine sèche que déjà , les forums s’agitaient sur le web. C’est sur l’un d’eux qu’un rendez-vous a été donné hier à 18 heures pour aller grogner devant le siège de l’OL. Bilan ? Une centaine de supporters qui ont le sentiment que rien n’est clair dans le club de leur cÅ“ur. Un peu timides au début, puis beaucoup moins par la suite quand ils déboulent dans le hall du club resté jusque-là muet. « On veut voir quelqu’un ! », clame l’un d’eux. C’est Marino Faccioli qui va s’y coller après avoir vainement proposé de faire monter une délégation. Seuls les dix de devant entendront la voix enrouée du directeur administratif du club. Dont Christophe. La première fois qu’il a été à Gerland, il avait 5 ans. Il en a aujourd’hui 34. « Il ne nous a rien dit si ce n’est qu’il travaillait sur plusieurs dossiers. Moi, j’en ai marre des effets d’annonce. Si aujourd’hui on n’a pas les moyens de jouer mieux que la troisième place, il faut me le dire, et je n’aurai pas le même niveau d’exigence ».
Un peu plus loin, Nicolas a les yeux rougis. « Je n’ai rien dormi de la nuit. Au lieu de nous présenter une star, on en perd une. Je ne vois plus la logique. Hier à 10 heures, le club dément et à 17 heures, il officialise. J’ai failli casser l’écran de mon ordi ». « Aulas est un manipulateur ! », embraye Smail, abonné depuis dix ans, « quand il dit que l’on joue dans la cour des grands, cela m’agace. Je suis reconnaissant de ce qu’il a fait, mais ce n’est plus l’homme d’aujourd’hui, et encore moins de demain ».
Membre d’un club de supporter, Julien est plus fataliste : « c’était écrit pour Benzema mais j’aurai aimé sentir que le club s’accroche et résiste. Et puis qu’est-ce que l’on va avoir à la place avec 35 millions d’euros ? ».
De son côté, Lionel exhibe sa carte d’abonné de la prochaine saison : « elle m’a coûté 600 euros. J’avais hésité au vu de la dernière saison, mais je m’étais dit que c’était la dernière année où je voyais Benzema. Je vous laisse imaginer mon sentiment… ».
19 h 15. La petite manif se disperse. Comme ces trois supporters aussi dépités que lorsqu’ils étaient revenus de Maribor : « On a été gentil cette saison, on l’est encore aujourd’hui, mais on ne sera plus patient bien longtemps. Si rien ne bouge et que l’on ne passe pas le tour de la Ligue des Champions, il risque d’y avoir le feu ».


