Il a zappé le rendez-vous national dimanche à Saint-Brieuc car son épouse a donné naissance vendredi à un petit Esteban qui a rejoint Matteo (3 ans) au foyer d’un coureur atypique, qui a toujours conduit sa carrière comme il l’entendait. Par plaisir avant tout.
Anobli par ses pairs comme l’un des coureurs les plus propres du peloton, celui qui a élu domicile depuis deux ans à Vaise, n’a peut-être pas le palmarès que son immense potentiel lui aurait autorisé. La faute sûrement à une grosse dose de tricherie chez ses adversaires.
Il n’empêche, celui qui est resté fidèle à Cofidis depuis l’arrivée de l’entreprise nordiste dans la discipline en 1997, a réalisé quelques jolis coups d’éclat. Comme lors de ses deux victoires d’étapes sur la Grande Boucle en 2004 à Figeac et en 2005 à Digne. Ou comme sur le dernier Dauphiné-Libéré où il s’est imposé à Saint-François-Longchamp, dans le col de la Madeleine, dix ans après avoir obtenu sa première grande victoire sur l’épreuve.
Au départ de Monaco, David Moncoutié se veut ambitieux et se dit prêt à tenter de jouer le maillot à pois de meilleur grimpeur. Comme si sa performance sur le dernier Tour d’Espagne, vainqueur d’une étape et meilleur grimpeur, lui avait donné une ambition nouvelle. « C’est un objectif aléatoire où il faut une certaine réussite. Sur la Vuelta, le maillot était venu par hasard car je me suis retrouvé échappé à deux reprises pour totaliser pas mal de points et me prendre au jeu pour défendre ce titre. Là, il faut d’abord parvenir à prendre la bonne échappée, ce qui ne se fait pas comme ça. »
Blessé dans son amour-propre par les déclarations de son manager, Eric Boyer, sur le Tour l’an passé, au point d’envisager de quitter son équipe de toujours, David Moncoutié veut surtout réussir une belle performance globale.
« Blessé, je n’étais pas venu en 2007 et l’an passé, je suis passé à côté. Il me fallait plus de temps pour retrouver mon meilleur niveau après deux saisons quasiment sans courir. Là, les données sont différentes. J’ai respecté mon tableau de marche et ma victoire sur le DL démontre que je suis dans le vrai. Il ne reste plus qu’à concrétiser. En sachant que pour le général, cela reste compliqué également. Il faudrait là aussi avoir une sacré dose de réussite. »
Le Lyonnais d’adoption se voudra prudent au cours d’une première semaine piégeuse avec des risques de bordures « qu’il n’apprécie pas car cela frotte beaucoup. Après, il faudra être présent dès les Pyrénées et la montée d’Arcalis pour tenter de prendre des points. On sera vite fixé. »
Sur les intentions d’un David Moncoutié métamorphosé au moment d’aborder sa neuvième participation pour sa treizième saison professionnelle.

