Devant la table de Vincent Laverrière, viticulteur à Theizé, il n’y a plus personne. Après une heure et demie d’entretiens, il a retenu 8 vendangeurs et reste en contact avec 8 autres si besoin. « On a eu beaucoup de demandes : c’est positif ! Mais j’ai dû refuser des gens qui n’avaient pas de moyen de transport. »
Car bon nombre de candidats se heurtent à cette épineuse question. Contrairement à l’an passé, le conseil général n’a prévu qu’un seul bus pouvant transporter 48 personnes jusqu’à Saint-Etienne-des-Oullières. Fabrice attend son tour à l’un des stands de la commune où la foule est massée. « Je sais que je n’aurais pas de problème pour me faire embaucher : cela fait quatre ans que je fais les vendanges à Fleurie. Mais je prenais la navette. J’espère pouvoir trouver une place dedans cette année. »
Pour Luc, Gatien et Jessica, le problème est résolu. Après s’être fait évincer chez plusieurs viticulteurs, ils ont trouvé des places chez un vigneron grâce au covoiturage. « On s’est rencontré sur place », raconte Luc. « Quand on a vu que le car était plein, on s’est dit qu’on allait partager les frais de déplacement et utiliser le véhicule de Gatien. »
A l’espace multimédia, les demandeurs qui n’ont pas trouvé viticulteurs à leur cep consultent les offres en ligne. « D’autres vignerons arrivent cet après-midi » confie Abdel, « Si ça ne marche pas aujourd’hui, dès le début des vendanges, je me rendrais aux bungalows du Pôle emploi installés devant les gares de Belleville et de Villefranche. »
Anne Claire Genthialon
La récolte nécessite plus de vendangeurs
Alors que l’an dernier, le Pôle emploi avait recruté 8 000 vendangeurs, cette année, près de 10 000 feront la récolte des raisins. Une embauche facilitée par l’instauration du RSA (Revenu de solidarité active). « Auparavant, les bénéficiaires du RMI ou du chômage touchaient moins sur leurs allocations lorsqu’ils travaillaient, même pour une période de trois semaines », explique-t-on au Pôle emploi. « 95 % du vignoble du Beaujolais se vendangent manuellement et trouver de la main-d’œuvre n’était pas évident. » Le nombre de vendangeurs recherchés est en hausse non seulement en raison du début précoce des vendanges mais également en raison des travailleurs à la grande journée. De plus en plus d’exploitants recherchent ces vendangeurs qu’ils n’ont pas à loger, ni à nourrir. La raison ? Les contraintes d’hébergement. Selon l’UVB, celles-ci doivent répondre à des exigences « relevant quasiment des normes hôtelières ».
A C.G.

