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22ans de réclusion pour Pierre-Eric Bayle

Publier le Vendredi, septembre 18, 2009

« Pas moins de 22 ans de réclusion criminelle. » Lourde peine réclamée à l’encontre de Pierre-Eric Bayle qui comparait depuis lundi devant la cour d’assises du Rhône pour avoir commandité la tentative d’assassinat commise sur son épouse Isabelle, en octobre 2005 à Lyon. Conclusion logique d’un réquisitoire où le procureur général Jean-Olivier Viout s’est montré particulièrement sévère à l’égard de celui qui apparaît comme le principal responsable de la tragédie. D’autant plus sévère s’adressant à « un homme qui tiré un billet gagnant à la loterie de la vie… » Un homme auquel l’existence a déroulé le tapis rouge de la réussite sociale, professionnelle et familiale, offrant avec Isabelle l’image d’un couple flamboyant. Un conte de fées qui va pourtant s’achever en drame sanglant a rappelé le magistrat, insistant sur « la haute idée de lui-même, l’ambition dévorante et la volonté de toute puissance » qui ont conduit Pierre-Eric Bayle à concevoir son sinistre projet, parce qu’il s’estimait lésé par les conditions du divorce. « Le fait que la victime a survécu n’atténue pas sa responsabilité », a insisté M.Viout, qui a par ailleurs réclamé entre 13 et 16 ans de réclusion pour Laurent Faggion, le bras armé; ainsi que pour Richard Ferrenbach qui l’a assisté dans sa tâche. Réquisitions succédant à l’intervention de Me Alain Jakubowicz, dont la plaidoirie en faveur de la partie civile résonnait déjà comme un réquisitoire où il s’est appliqué à reprendre tout ce qui au cours des débats, très souvent sur ses interventions, a mis en relief la culpabilité de Pierre-Eric Bayle.Et de lui lancer : « Vous n’êtes pas un complice mais un assassin, et le pire qui soit. »

Côté défense, Me Thierry Perrin, premier à se lever, n’a pas plaidé l’innocence de Stéphanie D., compagne de Bayle, contre laquelle a été requis un an d’emprisonnement avec sursis pour dissimulation de traces de crime. « Elle ne dit pas qu’elle est innocente, mais qu’elle ne l’a pas fait, sachant ce qui s’était passé », a souligné l’avocat caladois en se fondant sur deux témoignages discordants pour demander « l’acquittement au bénéfice du doute. » Tâche plus difficile pour Me Vanessa Vichi que de vouloir donner de Laurent Ferrenbach une image plus favorable que celle présentée lors de débats où il fuit constamment ses responsabilités. Insistant sur la fascination qu’avait exercée sur lui Pierre-Eric Bayle, elle a appelé les jurés à l’indulgence. « J’étais prêt à plaider dès l’ouverture du procès », attaquait ensuite Me Samuel Cornut, venu d’Annonay, indiquant qu’il n’allait pas chercher à démontrer l’innocence de Laurent Faggion. Mais sa plaidoirie à la tonalité décalée, empreinte à la fois d’émotion, d’humour et d’humanisme, a atteint son but : distinguer l’homme, amendable, derrière « le bourrin ». Mission quasi impossible enfin pour Me Marc Dufour, figure du barreau d’Annecy, que de convaincre les jurés de la survivance chez Pierre-Eric Bayle d’une face un peu moins sombre que celle dépeinte lors du procès; pour les inviter à ne pas souscrire à « la peine d’élimination » réclamée, mais à « lui laisser une chance. »

Délibéré et verdict aujourd’hui.

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