Agressé hier matin à Grigny, dans des circonstances encore très mystérieuses, cet homme de 30 ans a succombé à plusieurs coups de couteau peu après son arrivée à l’hôpital de Givors.
Un ressortissant géorgien de 30 ans a été tué de plusieurs coups de couteau, hier en plein jour à Grigny, et dans des circonstances entourées d’un épais mystère.
Le drame s’est produit à la cité SNCF, un ensemble de petits immeubles de deux à trois étages séparés par des pelouses et des arbres, et bordé au sud par la voie ferrée.
Peu avant 8 h 30, l’homme quitte l’appartement où il vit avec sa compagne et ses trois jeunes enfants, qu’il doit conduire à l’école toute proche.
Un moment plus tard, il revient chez lui, titubant et ensanglanté. A-t-il le temps de dire ce qui s’est passé ? Paniquée, son épouse parvient à le conduire jusqu’à l’hôpital Montgelas, où il est admis en urgence. Mais les médecins ne pourront rien pour lui et, peu après son admission, il succombe à ses blessures.
Pendant ce temps, dans la cité SNCF, des habitants découvrent d’impressionnantes taches de sang et alertent le commissariat de Givors. Des policiers se rendent sur place, effectuent des recherches et comme ils ne trouvent pas trace de blessé, ils se rendent à l’hôpital de Givors. C’est là qu’ils apprennent qu’un homme, blessé par arme blanche, vient de passer de vie à trépas.
L’affaire prend soudain une autre tournure et, rapidement, la brigade criminelle de la Sûreté est saisie. Mais le temps a passé et l’enquête s’annonce difficile.
Car les policiers se heurtent rapidement à un obstacle de taille, celui de la langue. La compagne de la victime, outre qu’elle est très choquée, ne parle quasiment pas français et les interprètes géorgiens sont rares. Dans l’entourage de la victime se trouvent également des Russes mais, même avec des interprètes, les premières auditions ne permettent pas d’obtenir des éléments déterminants pour la suite des investigations.
L’enquête de voisinage, dans la cité SNCF, n’a pas permis non plus de recueillir des témoignages directs de l’agression. La victime a-t-elle eu le temps de se confier à sa femme avant de perdre conscience ? Extrêmement perturbée par le drame, cette dernière a été conduite en fin de journée dans les locaux de la brigade criminelle, à l’hôtel de police de Lyon, pour y être entendue comme témoin.
Dans l’après-midi, les enquêteurs ont essayé de reconstituer le déroulement des faits, après que la victime a laissé les enfants à l’école, distante de quelques centaines de mètres seulement de l’appartement. L’agression a-t-elle eu lieu dehors, ou dans le hall de l’immeuble ? Le ou les meurtriers ont frappé à plusieurs reprises, au niveau du cou notamment, avec un couteau. La brigade criminelle travaille aussi sur la personnalité de la victime, connue des services de police, notamment pour vol, et qui pourrait avoir des relations dans le milieu des stupéfiants.

