En cinq ans, 5,8 millions de personnes, soit un Français sur dix, ont changé de département. C’est ce que révèle une étude de l’Insee sur les migrations entre les départements.
Si la région Rhône-Alpes enregistre 324 000 nouveaux habitants contre 280 000 départs, ces arrivées ne sont pas en faveur du Rhône. Le département accuse un solde migratoire négatif. En cinq ans, il a perdu 0,2 % de sa population, soit 180 000 départs pour 160 000 arrivées.
Ce bilan est négatif pour toutes les classes d’âge, sauf pour celle des 18-24 ans. Du fait de ses pôles universitaires et de l’attractivité de l’agglomération lyonnaise, le département est prisé par les jeunes. En cinq ans, 20 000 d’entre eux y ont posé leurs valises.
Pourtant, s’il bénéficie d’arrivées de cadres et de professions intermédiaires grâce aux emplois présents dans l’agglomération, il perd de ses jeunes actifs : moins 18 000 en cinq ans.
Le déficit migratoire s’explique en partie par le fait que le Rhône est un département urbain. Mireille Domenge, chargée d’études à l’Insee, expose : « Les agglomérations comme celle de Lyon peuvent être attractives mais les migrations sont favorables à des zones en dehors des limites du département. Ainsi, concernant l’agglomération lyonnaise, les migrations qui la concernent bénéficient au nord-Isère. » Autrement dit, on vient travailler à Lyon mais on habite ailleurs.
Anne Claire Genthialon

