Station gare de Vaise, hier matin à 8 h 45. Ici et là, des grappes d’élèves de Terminale montent dans leur bus. Visages crispés, jambes qui flageolent. A 9 heures, les résultats de leur bac ES, spécialité maths, sont affichés sur les murs de leur centre d’examen, le lycée Jean-Perrin dans le neuvième arrondissement. Certains sont venus en bande, et lancent des blagues pour se déstresser. « C’est l’enterrement de Michael Jackson aujourd’hui ! Il va nous voler la vedette ! » Margaux est du lycée de la Martinière. Elle est venue seule. Ce n’est pas tant l’angoisse de « l’avoir ou pas » qui lui tord le ventre, mais plus la mention qui va déterminer son avenir.
« J’ai été présélectionnée en prépa intégrée à HEC Montréal, je dois avoir une mention pour y aller… » Plus qu’un arrêt avant le lycée. Les rires se font plus nerveux. Sur le chemin, on se rassure comme on peut. « De toute façon la philo, on ne sait jamais… »
Les élèves se massent devant les grilles de l’établissement. A leur ouverture, c’est la ruée devant les vitres où les feuilles colorées annoncent les résultats. Quelques secondes et les premiers cris de joie explosent. On s’embrasse, on se saute dans les bras. On se renseigne sur les uns et les autres. « Il l’a eu ? » « Elle est au rattrapage ? » Entre deux gloussements de contentements, les bacheliers envoient des SMS et appellent leurs parents.
Certains en oublient même qu’ils sont dans un lieu public et allument une cigarette de soulagement. Au fil de la matinée, les élèves arrivent au compte-gouttes. Et chaque fois, la scène se reproduit « Je l’ai ! Avec mention AB ». Margaux file récupérer ses notes, les larmes aux yeux. « Je ne réalise pas ! Je vais prendre une photo pour l’envoyer à ma mère ».
Un peu en retrait, Frédéric, professeur de Sciences économiques et sociales à Jean-Perrin. Il guette ses élèves et relève les notes qu’ils ont obtenues. Pour l’instant, c’est un carton plein pour ses élèves. « C’est une belle réussite pour eux mais c’est aussi un peu grâce à moi ! »
A côté de ceux qui exultent, il y a ceux qui calculent leurs points pour le rattrapage. Comme Julien à qui il en manque 36. « Je n’ai pas assez travaillé. J’ai 9 de moyenne. Je passe dès demain l’éco et l’anglais… » Pour une poignée d’élèves, la cuvée 2009 ne sera pas la bonne.
Les yeux rougis, ils quittent prestement la cour de l’établissement pendant que la majorité des élèves préparent déjà la soirée victorieuse dans les boîtes de nuit lyonnaises.

