Gloire, sexe et argent. L’affaire de mœurs instruite à Paris, à propos d’un bar de nuit des Champs Elysées, réunit tous les ingrédients pour alimenter la chronique, mondaine plus que judiciaire. Les noms de footballeurs célèbres s’égrènent à l’envi.
Hier, le site Internet du Monde a révélé le contenu de l’audition de Zahia D., 18 ans, prostituée de luxe qui dit gagner 20 000 euros par mois en tarifant ses charmes. Dans son audition, cette pulpeuse jeune femme à la blondeur artificielle, affirme que Franck Ribéry et Sidney Govou figuraient parmi ses footballeurs de clients. Elle lâche un troisième nom, celui de Karim Benzema, attaquant passé de l’Olympique lyonnais au Real de Madrid.
Le premier l’aurait invitée à Munich, alors qu’elle était âgée de 17 ans mais en faisant croire qu’elle était majeure. Entendu comme témoin, l’attaquant vedette du Bayern a confirmé la relation, nié la rétribution et assuré qu’il ignorait son âge réel. Le deuxième aurait passé une nuit avec elle, s’étonnant de devoir payer, toujours selon sa version. « Il faut que cela cesse, Sidney n’a jamais mis les pieds dans ce bar. Qui nous dit qu’elle n’est pas affabulatrice ? Quel intérêt d’étaler la vie privée ? Concernant Sidney rien de répréhensible ne peut lui être reproché » répète Thierry Braillard, son avocat. Sidney Govou, comme Ribéry, a été entendu comme simple témoin par la brigade de répression du proxénétisme.
Une étape que devrait prochainement connaître Karim Benzema. « Qu’on laisse la justice faire son travail, s’il est convoqué il ira, la vérité sortira, il n’est jamais allé dans ce bar, pas plus qu’il ne connaît cette fille, arrêtons d’accabler chaque jour un joueur » réagit avec vigueur Karim Djaziri, son agent, indigné par ce déballage en boucle.
Que deux Lyonnais se retrouvent dans la tourmente s’explique : ils ont croisé un personnage central de l’affaire, originaire de la région lyonnaise, oiseau de nuit en quête de poussières lumineuses dans le sillage des stars (voir ci-dessous). Abou Sofiane Mostaid, 30 ans, mis en examen et écroué dans l’instruction ouverte pour proxénétisme, est suspecté d’avoir animé un réseau de call-girls en lien avec le fameux café Zaman. S’ils souffrent en terme d’image, les joueurs ne risquent pas grand-chose d’un strict point de vue judiciaire. Sauf à prouver qu’ils auraient eu une liaison avec une mineure en toute connaissance de cause, ce qui est loin d’être établi. L’affaire risque toutefois de continuer à faire du bruit.
D’autres noms pourraient se répandre. « Il ne sera plus question de footballeurs », dit une source proche du dossier.
Richard Schittly
rschittly@leprogres.fr
Abou : l’enfant de Genas devenu un petit prince des nuits à paillettes
Jet setter de pacotille, chanteur de salles de bains recalé à quatre reprises à la « Nouvelle Star », bloggeur frénétique, animateur d’un talk-show confidentiel sur une chaîne de la TNT, Abou Sophiane Moustaïd se trouve au cœur de l’affaire de proxénétisme qui secoue le football français. Le quart d’heure de gloire du gosse de Genas qui, depuis son enfance, n’a cessé de courir après la reconnaissance, les paillettes, la fête et les jolies filles. Fils d’un ouvrier agricole employé chez Peyronnet, le petit Abou a vécu une enfance heureuse au sein d’une famille marocaine appréciée et respectable. Né en janvier 1980, il fréquente le collège de Genas puis le lycée de Bron. Dans sa ville natale, il trouve sa place tout naturellement au sein de l’équipe de handball et devient même arbitre national. Fin, intelligent, belle gueule, il dénote déjà en se sapant dans les boutiques dernier cri et n’a de cesse d’être fasciné par le monde de la nuit. Une amie d’école avec laquelle il est resté en contact jusqu’à ces derniers jours se souvient d’un garçon « extraverti, beaucoup mytho mais pas glauque du tout ». Effectivement, si le trentenaire a pris au cours des années l’habitude de se coucher à l’heure où les autres se lèvent, il n’a jamais été condamné. Connu comme le loup blanc « au First » ou à « L’apériklub » ou encore au « Baroc », haut lieu de la vie nocturne lyonnaise, il n’avait pas la réputation d’un type louche mais plutôt celle d’un zazou un peu rêveur, exubérant et fier de son carnet d’adresse. A la poursuite d’une célébrité, il profite même de ses passages en boucle dans les zapping cruels des recalés de la « nouvelle star » pour s’en servir de carte de visite dans sa nouvelle vie parisienne. Un investissement payant dans le monde de la téléréalité où se croisent les faux artistes, les DJ, les anciennes gloires, les starlettes pulpeuses Rn’B new-look et… des joueurs de foot aux salaires mirobolants. Cette promiscuité a pris une certaine intimité après l’amitié qui se serait nouée entre Abou et Atem ben Arfa il y a quelques années. Une intimité qui aurait des fait des « petits » auprès stars du ballon rond jusqu’aux petits matins du Zamam, café de l’avenue des Champs Elysées, avec leurs afters tarifés.
Michel Girod

