La seconde quinzaine du mois d’août 2009 pourrait bien figurer au tableau d’honneur des vagues de chaleur enregistrées par Météo France à la station de Bron. Depuis plusieurs jours, les températures enregistrées dans le Rhône sont en effet supérieures de 10° aux normales saisonnières et samedi, le record pour un 15 août a été battu avec un thermomètre affichant 36,5° (19° en minimales la nuit). Le précédent record datait de 1923, soit un an après la création de la station lyonnaise, avec 36,3°. Hier, le thermomètre affichait 36° à 15 h 30. « Le record de 1974 à 37,1° sera peut-être aussi battu en fin de journée », indiquait le prévisionniste de permanence.
La chaleur va persister jusqu’à jeudi avec des températures de 35 à 37° le jour et 20 à 21° la nuit. Un pic de chaleur est prévu pour mercredi. C’est pourquoi Météo France a placé hier, à 16 heures, le département du Rhône en vigilance « orange » après deux jours de vigilance jaune (1). La préfecture du Rhône a confirmé « l’alerte canicule orange » hier en début de soirée.
La Drôme et l’Ardèche restent pour le moment, en vigilance jaune tandis que l’Isère est toujours au niveau vert.
Il faudra attendre la nuit de jeudi à vendredi pour que les températures baissent à nouveau dans le Rhône sous l’effet d’une perturbation. « Mais au fur et à mesure qu’on se rapproche de cet épisode orageux, il faiblit et il n’est pas sûr que les orages touchent Lyon. Vendredi, les températures devraient être encore autour de 28° », indique le prévisionniste de Météo France.
Même s’il est peu important en durée, cet épisode caniculaire de 3 jours s’inscrit dans une série de vagues de chaleur dont la fréquence augmente. « Entre 1950 et 1976, il n’y a pas eu de vague de chaleur. En 1976, la vague n’a pas été très forte mais elle a duré 15 jours. Puis, il y a des épisodes en 1983 et 1984 mais les deux vagues les plus fortes sont celle de 2003, surtout, et celle de 2006 », explique l’ingénieur de Météo France, pour qui c’est un signe du changement climatique. En 2003, la canicule s’était installée sur la France entre le 3 et le 13 août avec un record de température de 40,5° enregistré ce jour-là . Mais au bout du compte, les températures moyennes n’étaient supérieures que de trois degrés aux normales saisonnières. Alors qu’à l’avenir, selon le spécialiste du climat, « les vagues de chaleur vont s’accélérer. Vers 2070, les étés seront en moyenne plus chauds de cinq degrés par rapport à 2003 ».
Sylvie Montaron
>NOTE
(1) La carte de vigilance de Météo France comprend quatre niveaux : vert, jaune, orange, rouge.
Les bons réflexes pour tous.
- Eviter de sortir aux heures les plus chaudes et passer deux à trois heures par jour dans un endroit frais ou climatisé. L’idéal : une température de 5°C inférieure à la température extérieure.
- Se mouiller régulièrement le visage, le cou et les bras avec un linge humide ou un brumisateur.
- Boire régulièrement (1,5 litres d’eau / jour) et bien s’alimenter même si l’appétit diminue.
- Eviter les activités sportives ou nécessitant de fortes dépenses d’énergie.
- Prendre des nouvelles des personnes fragiles.
Vigilance maximale pour les personnes à risques
- Les personnes âgées transpirent peu et ont du mal à se maintenir à 37°.
La température de leur corps peut donc augmenter et elles risquent un coup de chaleur. Elles doivent donc particulièrement suivre les recommandations générales.
Elles peuvent s’inscrire sur le registre de leur mairie pour bénéficier d’une aide en cas de canicule.
- D’autres personnes sont considérées à risques pendant les épisodes de forte chaleur : les nourrissons et les enfants de moins de 4 ans, les malades chroniques, les malades psychiques, les personnes consommant de l’alcool ou des drogues…
- Attention, certains médicaments favorisent la déshydratation.
Il ne faut pas hésiter à demander conseil à son médecin traitant ou à son pharmacien.
Les symptômes qui doivent alerter
Vertiges, nausées, grande faiblesse, crampes musculaires, soif et maux de tête, agitation inhabituelle, trouble de la conscience : tous ces éléments doivent alerter.
Si vous voyez une personne victime d’un malaise ou d’un coup de chaleur, appelez le 15.
S’informer
- Il faut consulter régulièrement la météo et la carte de vigilance de Météo France. Par téléphone : 32 50 (0,34 euros la minute). Internet: www.meteo.fr
> NOTE
Pour plus d’informations, vous pouvez appeler gratuitement Canicule info service : 0800 06 66 66 66 (du lundi au samedi de 08 h à 20 h) ou consulter le site Internet du ministère de la santé : www.sante.gouv.fr/canicule
Sérénité dans les maisons de retraite
34°C à l’extérieur, 27 de l’autre côté de la baie vitrée, côté salle à manger. Ils n’ont pas chaud, ils sont « juste bien ». Les cent dix résidants de la maison de retraite Orpea, à Saint-Priest-en-Jarez (Loire), ne se rendent pas compte de la lourdeur du climat. Une petite victoire pour le personnel de l’établissement qui redouble d’efforts. Leur priorité : « Surtout qu’ils ne se déshydratent pas ». Alors, toutes les astuces sont bonnes pour les faire boire. « On ajoute du sirop à l’eau car la plupart ne veulent pas boire de l’eau nature », explique Nadia Idir, directrice adjointe. Dans la salle principale, les brumisateurs sont sortis et les climatiseurs fonctionnent à plein régime. Une fraîcheur parfois trop intense au goût de certains. « Des fois, j’ai un peu froid », avoue un résidant assis dans son fauteuil, près d’un climatiseur. Même les menus sont adaptés. Ce soir, ce sera soupe froide, viande froide, laitage et fruits. Des précautions que toutes les maisons de retraite de la Loire prennent depuis le début de l’été. « On est tenu de suivre le Plan bleu établi par le ministère de la Santé après la canicule de 2003 », précise Nicole Mazard, administrateur de garde à la Maison départementale de Saint-Just-Saint-Rambert. Et ces jours-ci, tous les responsables auront les yeux rivés sur la préfecture. C’est le préfet qui décide de passer au niveau supérieur dans le plan canicule et d’accentuer alors la prévention.
Patrick Chevrolat
Pensionné de la Cotorep -
56 ans
J’habite à Villeurbanne. La chaleur est étouffante, c’est irrespirable. Je suis épuisé, écroulé même. J’utilise trois ventilateurs dont un grand que je mets au pied du lit. La journée, chez moi, je garde les volets fermés. Je prends des bains, je fais des courants d’air dans la maison à la nuit tombée. J’évite le sport et toute activité. Mon lieu privilégié, la terrasse des cafés.
La pollution à l’ozone continue aujourd’hui
Le dispositif préfectoral maintient le niveau d’information et de recommandation dans le département du Rhône jusqu’à aujourd’hui, à 16 heures.
Malgré une météorologie propice, des températures très élevées et des vents faibles, les conditions orageuses de dimanche après-midi ont limité la production d’ozone et permis de maintenir des niveaux modérés de pollution atmosphérique.
Les taux n’ont pas dépassé les 149 microgrammes par m3 d’air dans le bassin lyonnais. Le seuil pour les personnes sensibles, s’élevant à 180 microgrammes par m3 d’air, n’a donc pas été franchi.
La reprise de l’activité économique de ce début de semaine devrait favoriser la hausse des concentrations. Un risque d’aggravation est annoncé par les associations agréées de surveillance de la qualité de l’air de la région Rhône-Alpes. La vigilance reste donc de mise dans le couloir rhodanien.
Les effets de pollution à l’ozone sont agressifs et irritants pour les voies respiratoires et provoquent l’apparition de symptômes comme l’inflammation des bronches, l’irritation de la gorge et des yeux, voire des crises d’asthme. Les enfants de moins de 15 ans, les personnes âgées et souffrant d’insuffisances respiratoires ou cardiovasculaires présentent le plus de risques.
T.G.
Brenda Sanna
Etudiante – 19 ans
J’habite rue de la Charité dans le 2e.
Je suis originaire du nord et je déteste le froid. La chaleur, je ne la crains pas.
La nuit, je continue à dormir avec un drap et une couette, volets et fenêtres fermés. C’est une question d’habitude que je n’ai pas envie de changer. Par contre, je bois beaucoup d’eau. Je circule en Velo’v et en ce moment, je transpire, c’est difficile.
Theresa Chantaz
Retraitée – 70 ans
J’habite rue Chaponnay dans le 3e.
Je prends 3 ou 4 douches fraîches par jour. J’utilise un assez gros ventilateur et je dors avec toutes mes fenêtres ouvertes. Je ne mange que des choses froides comme des salades, même le matin, je ne bois plus de café mais seulement du lait froid accompagné de fruits. Quant aux vêtements, je mets les plus légers. Je fais de mon mieux, ce n’est pas facile.


