« Ne pensez pas que vous allez gagner de l’argent au casino, vous seriez déçue ! J’en connais beaucoup qui ont perdu », prévient Kim, 50 ans. Malgré tout, cette cuisinière d’origine chinoise revient de temps en temps au Pharaon, à la Cité Internationale (Lyon 6e), avec moins de 30 euros en poche. « Je pense à autre chose. J’oublie mes soucis. C’est comme un loisir. »
En ce début d’été, en milieu d’après-midi, l’ambiance est calme, avec beaucoup de personnes âgées. « C’est la période la plus creuse, tout va redémarrer en septembre », confirme Vincent Chutin, responsable marketing et communication. D’autant que l’établissement a perdu des entrées ces dernières années. Première baisse en 2006 : les visiteurs (obligatoirement majeurs) doivent maintenant présenter une pièce d’identité. L’interdiction de fumer à l’intérieur, fin 2007, a porté un second coup. « On est passé de 1 000/2 000 entrées par jour à 700/1 000 », confie le responsable.
Les (250) machines à sous représentent 98 % de l’activité. Elles clignotent en rythme. De temps en temps, le fond musical est interrompu par une cascade de jetons qui dégringole. Cela fait quelle impression de ramasser ce pactole ? « De récupérer un peu de ce qu’on a perdu », répond du tac au tac cette blonde mamie, assise devant « La maison de la Mort ».
Y a-t-il un truc pour gagner ? Evidemment non, mais chacun a ses impressions. Micheline pense que « les machines sont plus généreuses en fin de mois ». Maria, que « celle qui a bien donné va se calmer… Mais, rien n’est sûr ». Vincent Chutin livre, lui, un chiffre étonnant : 89 à 93 % des sommes englouties sont redistribuées à la clientèle.
Pour se motiver, on peut consulter une borne très intéressante : elle indique les performances de la journée, de la veille, etc. Exemple : ce lundi, à 18 heures, 40 437 euros ont déjà été engrangés par les « bandits manchots ». Et à 11 h 04, précisément, le numéro 282 a craché 3 429 euros… pour une mise de 10 centimes.
Cela fait rêver, mais, pour beaucoup, le Pharaon est le tombeau des illusions. Le cadre est chic avec son décor égyptien, ses grands personnages et ses colonnes, sa moquette imprimée, mais l’atmosphère n’est pas festive. Lisa, ouvrière de 24 ans, était venue accompagner son père (accro au jeu et très endetté). Elle repart délestée de 140 euros… en moins d’un quart d’heure. « Je savais que j’allais perdre. Mais, il reste toujours un espoir de gagner gros. »
Isabelle Brione
Dans l’assiette, on gagne à tous les coups
Même si on ne décroche pas le jackpot, on peut parfois être gagnant au casino. En y allant manger. Même si la nourriture n’est pas gratuite, comme dans certaines maisons de Las Vegas, la restauration n’est pas trop chère. Par exemple, il faut débourser 17 euros pour une formule déjeuner : entrée (salade aux magrets de canard), plat (encornets avec tomates provençales et riz, par exemple), fromage ou dessert et café.
Mieux : le matin, de 10 à 12 heures, le petit-déjeuner est offert aux joueurs, ainsi que le goûter (gâteaux et jus de fruits) à 16 heures.
L’autre intérêt est l’amplitude horaire du service : jusqu’à minuit (le casino ferme à 4 heures). Seule contrainte : il faut présenter une pièce d’identité (ou passeport, ou permis de conduire) à l’entrée et les mineurs ne sont pas admis.
I.B. > 70, quai Charles-de-Gaulle, Lyon 6e. Du lundi au dimanche de 10 à 4 heures. Tél : 04 78 17 53 51

