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Emotions aux assises du Rhône

Publier le Mercredi, septembre 16, 2009

« Je suis en vie parce qu’il m’a crue morte. » Des sanglots dans la voix, Isabelle R. a raconté hier, devant la cour d’assises, la sauvage agression dont elle a été victime, en octobre 2005, dans l’entrée de son immeuble de la rue Moncey à Lyon ; frappée de plusieurs coups de couteau par un tueur engagé par son mari ( Le Progrès du mardi 15 septembre). Sa déposition pathétique a d’autant plus ému magistrats, avocats, jurés et public que, quelques instants plus tôt, la présentation de l’arme du crime avait fait passer des frissons d’horreur dans le prétoire : un long coutelas de boucher au manche de bois, avec une impressionnante lame triangulaire.

« Il m’attendait dans le hall. J’allais prendre l’ascenseur, avec mon fils en poussette, lorsque je l’ai aperçu. Sans un mot, il m’a porté un premier coup à l’épaule. Quand j’ai vu la taille du couteau, j’ai hurlé ! Je ne savais pas que je pouvais crier comme ça. Mon fils hurlait aussi, il avait du sang sur lui. Je me suis roulée en boule par terre ; l’homme a continué à me poignarder, toujours sans un mot. Quand j’ai cessé de crier et de bouger, il est parti… J’ai pu me traîner jusqu’à la porte et j’ai réussi à actionner la gâche électrique, avec les quelques doigts qui me restaient. Je voyais des jets de sang jaillir de ma poitrine… » Atteinte au visage et sur tout le corps, la malheureuse a survécu à ses profondes blessures ; mais elle en souffre toujours et les séquelles sont terribles, psychologique et physiques. « Je ne porte plus ni jupes ni manches courtes, hors de mon environnement familial » commente cette belle femme brune dont le calvaire a laissé impassible son ex-mari qui, assis dans le box aux côtés de ses complices, a écouté ce récit poignant sans manifester la moindre émotion.

Pierre-Eric Bayle, les yeux secs, contrairement à Laurent Faggion, ancien « videur » de boîte de nuit et tueur à gages de circonstance, qui s’est levé, en larmes, pour demander pardon à sa victime, avec l’accent du repentir. C’est lui encore qui un peu plus tard a exhorté Pierre-Eric Bayle à dire la vérité, en confirmant que, dès leur première rencontre, il lui avait demandé de tuer sa femme et non de lui faire simplement peur. Tirade qui a valu à Laurent Faggion la considération du procureur général Jean-Olivier Viout : « Pour votre franchise, je vous respecte infiniment, quelle que soit l’horreur de ce que vous avez faite. En revanche, je n’ai pas de respect pour ceux qui n’assument pas leurs responsabilités. » Premier visé, Pierre-Eric Bayle, qui avait perdu un peu de son assurance de la veille, mais ne s’est guère montré plus précis. Notamment lorsqu’on lui a demandé s’il était effectivement revenu sur ses intentions meurtrières pour, comme il le prétend, se contenter d’une expédition punitive ; et surtout s’il en avait bien informé Laurent Faggion et son « coach » Richard Ferrenbach. Ce que les deux hommes ont démenti. Ferrenbach affirmant par ailleurs n’être intervenu dans cette affaire qu’à la marge, « en touriste » : pas de quoi mériter le respect du procureur général.

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