Gwendal Peizerat, aperçu en train de signer des autographes à la sortie d’une audience de conciliation, fin 2007, aux prud’hommes de Lyon : à l’époque, la scène avait fait tiquer certains militants syndicaux. « Il va maintenant devoir signer un chèque » ironise François Portay, défenseur à la CFDT. « [Cette histoire d'autographes], c’est de la caricature malsaine : ce syndicaliste n’a aucun recul, il est à côté de la plaque » rétorque le sportif mis en cause. Le conseil de prud’hommes de Lyon vient d’adresser une (relative) mauvaise note au chef d’entreprise et champion olympique de danse sur glace, en le condamnant à verser 5 589 euros d’heures complémentaires et supplémentaires à une ex-salariée de son entreprise Soléus (conseil dans la mise aux normes d’équipements sportifs), basée à Vaulx-en-Velin. Le jugement est exécutoire, ce qui oblige à régler les sommes dues. Le même tribunal a en revanche rejeté les autres demandes de la plaignante, qui réclamait notamment la reconnaissance d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse alors qu’elle avait elle-même pris l’initiative de démissionner. Cette ingénieure conseil et athlète de niveau « espoir », diplômée de Centrale Lyon, avait décroché son premier emploi chez Soléus, où elle est restée deux ans en contrat à durée indéterminée à mi-temps, avec un salaire de 1 100 euros brut par mois. « Il s’est vite avéré, dit-elle, que mes missions prenaient beaucoup plus de temps : j’étais proche d’un 4/5e. Mais quand j’ai réclamé le paiement de ces heures, un collaborateur de Gwendal Peizerat m’a dit que si je débordais sur les horaires, c’est parce que j’étais incompétente ». Gwendal Peizerat se défend : « Nous avions prévu de lui offrir des compensations sous la forme de jours de repos quand l’activité retomberait, comme l’autorise l’annualisation du temps de travail [dans notre branche]. Mais elle a posé sa démission sans préavis, nous mettant dans une situation difficile. Elle n’a pas supporté que l’on critique la lenteur de son travail ». Selon lui, c’est un « mensonge » qui a compliqué la donne : « sur le CV envoyé avant son embauche, elle se disait sportive de haut niveau. Or, elle était sportive « espoir ». Nous l’avons découvert plus tard et cela nous a privé d’une aide ministérielle, qui aurait permis de régler ses heures complémentaires. » Gwendal Peizerat rappelle qu’elle « n’avait pas contesté son solde de tout compte » et qu’environ 3 000 euros d’heures complémentaires avaient déjà été réglés à son départ. « Sur 35 salariés, c’est notre seule affaire aux prud’hommes : cette employée s’est sans doute laissée emporter par un syndicaliste belliqueux » déplore-t-il. La société Soléus réunira son comité directeur au cours des prochains jours pour statuer sur la question d’un appel éventuel.
Nicolas Ballet
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