C’était dans la nuit de jeudi à vendredi. À 4h20, trois individus âgés de 19, 20 et 27 ans sont interpellés dans le 7e alors qu’ils viennent d’inscrire des tags sur des façades d’habitation. Pour le trio, cela se terminera par une convocation en Maison de justice et du droit le 20 octobre prochain. L’occasion de procéder à un rappel à la loi, mais aussi de rencontrer un représentant des victimes afin d’envisager la réparation du préjudice.
Évidemment, les interpellations de tagueurs, la bombe à la main et des traces de peinture encore fraîche sur le bout des doigts, ne sont pas très courantes.
Les tagueurs agissent de nuit et se cachent à la moindre lueur d’un phare de voiture, quand ils n’ont pas un complice qui fait le guet et les prévient par portable. Dans ces conditions, les flagrants délits sont loin d’être proportionnels au nombre d’inscriptions qui fleurissent sur les façades pas seulement urbaines, car le phénomène touche aussi les petites communes. Mais quand cela arrive, « la réponse de la justice est systématique » assure Jean Varaldi, bras droit du procureur de la République de Lyon et chargé notamment de l’action publique au parquet. Celle-ci dépend néanmoins de deux facteurs: « Si l’auteur n’est pas connu de la justice et que les dégâts commis sont légers et facilement réparables, il sera convoqué en Maison de justice, en présence du représentant de la mairie, avec une obligation de réparation. Dans le cas où les dégâts sont plus sérieux et qu’ils peuvent être requalifiés en dégradations, ou bien que l’auteur n’en est pas à son coup d’essai, il y a une convocation devant le tribunal correctionnel. En revanche, une comparution immédiate est impossible dans la mesure où la loi ne prévoit pas de peine de prison ferme pour ce délit ».
Qu’est ce qu’un tagueur risque devant le tribunal? « Une amende pouvant aller jusqu’à 3 750 euros pour des immeubles privés, et 7 500 dans le cas de bâtiments publics ou classés. L’amende s’accompagne d’une peine de travaux d’intérêt général et d’une obligation de réparation. C’est ce que prévoit à l’heure actuelle la législation », poursuit le procureur.
Si l’an dernier, les amendes délivrées aux tagueurs se sont échelonnées entre 235 et 900 euros, et les TIG de 35 à 140 heures, les réparations des dommages causés peuvent faire beaucoup plus mal. Quand un auteur est confondu, il n’est en effet pas rare de lui imputer un nombre de faits assez conséquent puisque chacun, c’est le cas de le dire, a sa signature.
En avril dernier à Lyon, quatre jeunes gens pris d’une frénésie picturale avaient inscrit 165 tags sur les pentes de la Croix-Rousse : ils se sont vus réclamer 20 000 euros de dédommagement par les propriétaires concernés.
X.B


