Rarement, une réunion organisée par le Medef et la Métallurgie du Rhône aura déplacé autant de monde : près de 200 représentants d’entreprises du département, essentiellement des PME, ont assisté hier matin à la Cité des entreprises, à Lyon, à une séance d’information sur le maintien de l’activité en cas de pandémie grippale. Pour l’instant, on ne compte que 22 cas de grippe A pour 54 000 salariés chez les adhérents de ces deux structures. Selon les estimations, de 15 à 35 % de la main d’Å“uvre pourrait être absente au moins sept jours pendant la phase épidémique, et même 40 à 50 % pendant les deux semaines de pic.
« Nous sommes venues pour avoir des réponses à des questions très pratiques et surtout savoir ce que le droit nous autorise à faire. Est-ce qu’on peut obliger un salarié à rentrer chez lui s’il est malade, à porter un masque… », expliquent ces deux responsables de la sécurité dans des entreprises de la métallurgie. Après avoir eu des réponses à leurs interrogations – on ne peut pas imposer grand-chose à un salarié dans ce domaine – elles repartent avec d’autres craintes : « Qu’on puisse nous reprocher de ne pas avoir mis en Å“uvre tout ce qui était possible… » « La situation est sérieuse. Les gens sont inquiets », constate Gilbert Marchiol, président de la Métallurgie rhodanienne, comme le montre une enquête (voir ci-dessous). « Nous avons une lourde responsabilité. Il faut faire ce qu’il faut tout en évitant le catastrophisme », résume Bernard Fontanel, président du Médef Lyon-Rhône. « Nous devons essayer de préparer au maximum les entreprises à résister à cette pandémie », ajoute Gilbert Marchiol, en insistant sur le contexte économique actuel. « C’est la crise depuis plus d’un an. Nos entreprises sont fragilisées et risquent de l’être encore plus avec cette pandémie. Le virus s’attaque en priorité à ceux qui sont faibles, et nos entreprises sont faibles. Je souhaite qu’elles n’arrivent pas au dernier plan. Il faut les aider. » Car dans les rangs du secteur privé prévaut effectivement le sentiment de passer après le secteur public. En témoigne, cette situation rapportée par une chef d’entreprise : « Nous avons effectué une commande de masques mi-juillet, mais nous ne les aurons qu’en novembre ! » « C’est vrai qu’il y a eu un assèchement du marché en raison de commandes publiques importantes, mais certaines ont été laissées en suspens pour alimenter le privé. Les choses vont se rétablir », leur a répondu Olivier Magnaval, préfet délégué à la sécurité et à la défense, en souhaitant rassurer ses interlocuteurs : « J’ai bien entendu l’inquiétude », a assuré le représentant de l’Etat.
Sylvie Montaron
83% des entreprises du Rhône sont prêtes
Selon une enquête réalisée par le Medef Lyon-Rhône et la Métallurgie rhodanienne auprès de leurs adhérents, la pandémie grippale est un sujet d’inquiétude pour 59 % des chefs d’entreprise. Ces derniers voient leurs salariés plus partagés, estimant qu’ils sont 51 % à ne pas être inquiets et 49 % à l’être. « En juillet, une personne a eu une grosse grippe et cela a suscité de la peur chez certains mais depuis la rentrée, la majorité des gens demandent juste de l’information. Il faut aussi faire face à une minorité qui diffuse des informations négatives », constate cette infirmière en entreprise. Globalement, les entreprises du Rhône semblent plutôt prêtes à affronter la pandémie : 83 % ont déjà défini des mesures de prévention ou réalisé un plan de continuité d’activité, 5 % sont en train de le faire, et 12 % n’ont encore rien prévu. 42 % des entreprises ont déjà mis en Å“uvre des actions de prévention.


