Une enquête diffusée hier à Lyon souligne leurs difficultés
Pas facile d’être collégien. Diffusés hier à Lyon, les résultats d’une enquête signalent un certain mal-être. Réalisée auprès de 383 élèves de 6e et de 5e, habitant tous dans des quartiers sensibles, cette enquête s’inscrit dans le cadre de la deuxième journée de refus de l’échec scolaire. A Lyon, cette journée a donné lieu à des échanges productifs dans les salons de l’hôtel de ville.
Selon ce sondage, les collégiens estiment pour la plupart qu’ils ont été bien accueillis par les professeurs à leur arrivée au collège. Ils soulignent en revanche des difficultés avec les autres élèves plus âgés. « En sixième, on est un peu les larbins des grands. Ils nous demandent de ramasser des papiers, de donner notre place à la cantine. Ce n’est pas bien méchant, mais on n’ose pas dire non… », raconte par exemple Kenza, aujourd’hui en troisième.
Plus de la moitié des élèves se disent victimes de vols, d’insultes (le plus fréquent), ou de racket. Les moqueries – violences les plus fréquentes- visent la mauvaise note, ou la mauvaise réponse. Plus de la moitié disent aussi qu’il y a très souvent du chahut dans la classe.
Il n’y a pas que le climat qui pose problème. Parmi les collégiens, les deux-tiers « n’aiment pas » ou « un peu seulement » aller en cours. Un tiers a parfois, voire souvent mal au ventre le matin. La même proportion pense que ce qu’ils apprennent n’est pas important et/ou utile.
Les collégiens ont aussi parfois du mal à réagir de manière efficace lorsqu’ils ne comprennent pas ce qu’on leur demande de faire en classe. Or, un élève sur cinq déclare que cela lui arrive souvent. Au lieu de questionner l’enseignant (44 % seulement adoptent cette attitude) beaucoup continuent de travailler sans comprendre, ou bien s’arrêtent, ou alors demandent des explications à un(e) de leurs camarades.
« Les élèves en difficulté croient qu’on leur demande de faire quelque chose, alors qu’en réalité, on leur demande de comprendre, et d’apprendre », explique le pédagogue Philippe Meirieu, présent hier à Lyon. Alors que les bons élèves ont saisi le véritable enjeu du travail scolaire.
Paradoxe de l’enquête, les jeunes interrogés, pour la plupart en difficulté, croient toujours très majoritairement que le collège est un lieu d’égalité entre tous les élèves.
Muriel Florin

