Il avait deux chiens chez lui. Et pourtant, ses voisins n’ont rien entendu, rien vu. Hier après-midi, Yves Lerebourg, 32 ans depuis le mois de juin, a été tué à son domicile, dans des conditions particulièrement sanglantes. Il a été victime de nombreux coups de couteau. Plus d’une dizaine, selon les premiers constats des légistes. Le meurtre s’est produit dans son appartement, au neuvième des quinze étages d’une grande barre immeuble jaune et ocre, située au 11 de la rue Gaston Monmousseau, dans le quartier des Minguettes à Vénissieux. L’enquête a été confiée à la division criminelle de la direction inter-régionale de police judiciaire (DIPJ) de Lyon.
La Crime dispose d’une idée assez précise de l’heure du meurtre. Et pour cause, c’est sa mère qui a découvert le jeune homme. Habitante du quartier de la Croix-Rousse à Lyon 4e, elle avait parlé avec lui au téléphone, vers 13 heures. Le garçon devait lui apporter du linge, comme il en avait l’habitude. Elle l’a appelé une seconde fois un peu plus tard, sans obtenir de réponse. Elle s’est inquiétée. Poussée par un mauvais pressentiment, elle est allée chez lui, a poussé la porte du petit logement et trouvé son fils unique inanimé, ensanglanté. Les sapeurs-pompiers ont été alertés peu avant 16 heures. Les coups ne lui ont laissé aucune chance. Le désordre laisse penser à une lutte.
Après avoir été agent d’entretien, chauffeur, Yves Lerebourg restait sans emploi depuis quelques temps. Il avait été victime d’un grave accident du travail, il y a cinq ans. Il en avait réchappé par miracle, tout en gardant des séquelles d’infection. Récemment, son père était décédé. « Les drames s’accumulent, c’est injuste », dit une proche de la famille avec compassion. « Je le voyais descendre ses chiens, sans le connaître », glisse un jeune habitant.
Yves Lerebourg résidait depuis environ trois ans dans le quartier, dans un logement bien tenu, avec des affiches et des photos aux murs, des étagères garnies, une table basse en bois dans le salon, bref l’intérieur d’une vie apparemment bien rangée. « C’est incompréhensible », confie d’un souffle son grand-père, présent au pied de l’immeuble hier soir, effondré de peine, les yeux rougis, digne.
Aucune piste précise n’apparaît dans les premières heures de l’enquête. La PJ a entamé avec une infinie méticulosité l’examen scientifique de la scène de crime. Pendant que se déroulaient de toutes premières auditions.

