La mort brutale de de Michael Jackson, star planétaire pleurée sur tous les continents reste un mystère. Une seule certitude, alors que le corps a été mis à disposition de la famille, le décès du chanteur n’est pas d’origine criminelle. Par contre, la surdose médicamenteuse n’est pas écartée…

michael jackson mort
L’annonce a eu l’effet d’une onde de choc planétaire. Le décès brutal du roi de la pop Michael Jackson, jeudi à l’âge de 50 ans, dans un hôpital de Los Angeles à la suite d’une crise cardiaque, restait hier entouré d’un certain mystère même si dès hier, l’entourage de l’artiste évoquait une importante consommation de médicaments. Une autopsie de la star devait être pratiquée dès hier matin mais les analyses toxicologiques, et donc les conclusions sur la cause du décès, pourraient n’être publiées que dans « six à huit semaines ». Un des ex-managers de Jackson, l’homme d’affaires tunisien Tarak Ben Ammar, n’a d’ailleurs pas mâché ses mots en assurant qu’il était mort « parce qu’il prenait toutes sortes de médicaments », et accusé des médecins « charlatans » et « criminels » d’avoir profité du fait que la star était un « hypocondriaque ». «Il est clair que les criminels dans cette affaire sont les médecins qui l’ont soigné tout au long de sa carrière, qui lui ont détruit le visage, lui ont donné des médicaments pour lui enlever les douleurs », a-t-il dit sur Europe 1.
Michael Jackson prenait des traitements pour se remettre en forme en vue d’un lourd programme d’une cinquantaine de concerts prévu cet été à Londres, a renchéri hier un avocat de sa famille, Brian Oxman, en assurant sur CNN que son décès n’était « pas inattendu (…) à cause des médicaments qu’il prenait » : « Si vous pensez qu’il y a eu des abus dans l’affaire d’Anna Nicole Smith, ce n’était rien à côté de ce que nous avons vu dans la vie de Michael Jackson », a-t-il affirmé sous-entendant clairement qu’il pourrait avoir succombé à une surdose de médicaments. Ancienne starlette et mannequin de Playboy, Anna Nicole Smith est morte en 2007 à l’âge de 39 ans, d’une surdose de médicaments. Deux médecins et son avocat avaient été inculpés en Californie (ouest) pour lui avoir donné indûment accès à des médicaments. Hier, TMZ.com, qui a été le premier à annoncer l’hospitalisation puis la mort de Michael Jackson, écrivait que la star pourrait avoir fait une overdose de Demerol, un analgésique narcotique. Citant une source judiciaire, le site people américain rapportait que les autorités recherchaient un médecin qui aurait fait une injection à la star avant sa mort, pour l’interroger. Sa voiture aurait été vue devant la maison de la star jeudi. Fin mai, les organisateurs avaient pourtant annoncé que son grand retour sur scène avait été repoussé de quelques jours en juillet, en niant un lien avec la santé du chanteur. Le styliste français Christian Audigier l’avait même trouvé en forme : «Il y a un mois, j’étais chez lui à Los Angeles pour finaliser le choix du merchandising de ses concerts. Il contrôlait tout et avait le dernier mot sur la collection. Il était en forme: il répétait ses nouvelles chorégraphies même dans sa cuisine. Il était comme toujours précis et méticuleux et répétait intensément ».
Choqué par cette disparition, le monde du showbiz a chanté à l’unisson les louanges de« l’homme-enfant au talent immense », selon l’ex-Beatles Paul McCartney, sur son site internet. Quincy Jones, le producteur qui a fait de Jackson une pop-star mondial dans les années 1980, s’est dit «bouleversé », tandis que Madonna a avoué « ne plus pouvoir (s)’arrêter de pleurer ». Et certains de reconnaître la pression que subissait le chanteur : aujourd’hui, malheureusement, ceci est le résultat de ce stress, de la pression que Michael vivait », expliquait Céline Dion sur Europe 1. Jean-Michel Jarre, qui avait rencontré Jackson « deux ou trois fois aux Etats-Unis avant qu’il ne vive en reclus », est même allé plus loin en évoquant son enfance difficile : «Indépendamment de son talent musical, c’était aussi le destin tragique d’un enfant abusé », a-t-il jugé. « C’était quelqu’un de très doux, gentil, et on sentait chez lui une fêlure profonde », s’est-il souvenu. « Le côté caricatural, enfantin qu’on a beaucoup souligné était une pathologie due aux abus qu’il avait subis enfant, il a été battu, abîmé », a-t-il jugé en référence aux mauvais traitements dont Jackson disait avoir été victime de la part de son père. Son ranch Neverland ressemblait d’ailleurs moins à un caprice de star qu’à une fuite du monde adulte. L’enfant qui ne voulait pas grandir s’est envolé comme Peter Pan vers de nouveaux cieux.
1983 : l’année « Thriller »
C’est un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas imaginer. L’effet que l’album «Thriller» a eu sur le début des années 80 est de l’ordre du séisme. Avec dix millions de disques vendus dans l’année 1983, et 100 millions au total à l’heure d’aujourd’hui, cet album mythique, paru le 1er décembre 1982 a été la bande-son d’une génération. Certes Michael Jackson est déjà une star, à la fin des années 70, et «Off the wall», déjà produit par Quincy Jones, est un énorme succès en 1979. Mais Jackson reste dans la catégorie «musique de boîte», et les radios, notamment les radios blanches, ne le jouent pas. Avec le patron de la maison de disque CBS, Walter Yetnnikoff, Michael Jackson décide de frapper un grand coup.C’est l’apparition du clip, et de MTV, qui va lui permettre de séduire le public blanc. Les chansons «Billie Jean», «Thriller» et «Beat it» sont l’objet de mini-films à gros budgets (un million de dollars pour «Thriller») et cartonnent sur les chaînes musicales. Quand aux radios libres, qui viennent de s’imposer en France, elles font de «Thriller» leur album de prédilection. Durant le très chaud été 83, partout en France, on chante Jackson et on danse le moonwalk. A la plage comme à la fac, dans les magasins, on entend le riff de «Beat it» joué par Eddie Van Halen. Ces années, là, c’est aussi l’apparition du walkman, que lance Sony, en association avec CBS, la maison de disques de Michael Jackson. Les deux sociétés fusionneront même peu après, non sans avoir lancé ensemble le CD numérique, un format qui permettra à «Thriller» de s’offrir une nouvelle vie, avec notamment «Thriller 25» en 2008, pour les 25 ans du disque…
T.M.

michael jackson émotion

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Témoignages
Philippe Manœuvre Juré Nouvelle Star
C’est la première superstar globale. Son explosion a été mondiale tout de suite. Il a été le symbole d’une pop qui changeait. On n’avait jamais vu une star comme ça. Personne ne savait le mystère de la voix du Jackson qui était formidable, qui touchait tellement les gens, cette voix claire, toujours juste, chaleureuse. Et puis le performeur, le danseur, le personnage qui a fait des spectacles incroyables. Un personnage étrange, bizarre, c’est ça qui fascinait les gens.
Carla Bruni-Sarkozy Première dame,
A mon goût, Michael Jackson était un immense chanteur, un immense danseur, un magnifique auteur-compositeur et il a fait quelque chose de très nouveau dans la pop music. Personnellement, je regretterai énormément sa voix, ses chansons et sa présence sur notre monde. Son plus grand talent, c’était un talent unique qui regroupait des talents multiples: d’auteur-compositeur, de chanteur et de danseur. C’est une perte pour la musique.
Mickey 3 D Chanteur stéphanois
C’est le premier chanteur que j’ai idolatré, j’avais 14 ans quand est sorti «thriller» qui était une petite bombe… un grand chanteur et surtout un super danseur, avec un énorme sens du groove.. ce mec a eu une vie terrible… il était célèbre depuis son enfance, c’est un truc de fou… imaginez-vous ne pas savoir ce que c’est que marcher dans la rue tranquillement. Tout comme un aveugle de naissance ne connaît pas la lumière.
Thierry Frémaux Directeur de l’Institut Lumière (Lyon)
Michael Jackson est venu au château Lumière, le 13 juin 1997. Je garde de ma rencontre avec lui un souvenir éblouissant. Je connaissais les rumeurs sur ses sosies mais je l’ai reconnu à ses jambes ! C’était un athlète. On lui a montré les films des Lumière pour lesquels il a été très attentif. Depuis la veille, des milliers de personnes s’étaient rassemblées place Ambroise-Courtois.
Sébastien Michel, organisateur des soirées Jackson à Bourg-en- Bresse
Michaël Jackson on connaît bien, d’abord pour avoir géré la carrière de son sosie Ben Jackson – originaire de Nantua- et avoir organisé des soirées Michael pendant deux ans. Aujourd’hui, ses tubes marchent toujours dans les mariages. On ne peut pas passer une soirée sans programmer un de ses titres. C’est une icône beaucoup plus grande que Madonna ou les Beatles.
Pascal Brosillon, 41 ans DJ à Yssingeaux (43)
J’ai commencé mon métier de DJ il y a vingt-cinq ans, et à cette époque je passais déjà des titres des Jackson 5. Tout au long de ma carrière, j’ai diffusé des chansons de Michael Jackson, celles qui viennent de l’album Thriller par exemple, comme Beat it ou Billie Jean. Quand j’ai entendu la nouvelle, j’étais choqué. C’était quand même une grande star, le roi de la Pop. Mais il est peut-être mieux là où il est.
Fred, fan: « Il fera toujours partie de ma vie »
Fred Mazé a 33 ans, il est barman au Déliss, rue Tête d’Or à Lyon 6e et grâce à la compréhension de ses patrons Bruno, Alain et Orly, il partira dès ce matin à Los Angeles pour vivre, là-bas, le deuil de son ami Michael Jackson, qu’il a vu pour la dernière fois il y a trois semaines. « Il allait super bien, et m’a donné rendez-vous en juillet à Londres, pour sa nouvelle tournée ».
La passion de Fred pour « MJ » remonte à ses 11 ans. De son idole, il aime tout: la musique, le personnage, la légende. Déjà, en 1992, il assiste à ses deux premiers concerts, à Wembley et à l’hippodrome de Vincennes. La légende prend corps lorsqu’à 18 ans, fraîchement titulaire de son bac option tourisme, Fred annonce à sa mère: «Je veux aller voir Michael Jackson ». A 20 ans, avec un petit groupe de fans, il parvient à « traquer » son idole jusque dans son hôtel londonien, chez Harrods, dans les rues… se familiarisant avec ses deux gardes du corps.
A Disneyland Paris, ces deux derniers le reconnaissent et le laissent danser avec la star du moonwalk. C’est même dans les pas de Jackson qu’il va rencontrer son amie Nathalie, tout aussi fan que lui. Monaco, la Tunisie, le Japon, la Corée, de spectacle en tournée, Fred finit par sympathiser avec le roi de la pop jusqu’à l’accompagner sur une cinquantaine de dates de sa tournée History, en 1996/1997. « J’ai dansé Billie Jean avec lui dans un magasin de Budapest, il m’appelait « Foued », et il était la simplicité même ». En août 2002, il entre même à Neverland, la propriété de la star, comme dans un moulin : «J’ai sonné à la porte, le garde m’a laissé entrer. Il faut dire que Michael était très naïf, trop gentil.J’ai dansé pour ses enfants, ses invités, mais j’ai toujours respecté sa personne et sa vie privée. Michael n’était pas quelqu’un d’inaccessible ».
Grâce à l’entourage du chanteur dont Fred devient un familier, il assiste backstage à des concerts de Britney Spears, Beyoncé, Justin Timberlake, boit du champagne avec Albert de Monaco… « On finit par connaître du monde », dit-il simplement. Néanmoins, après le procès de Jackson auquel Fred a assisté, ce dernier a noté la fêlure. « Il n’a plus jamais été le même ». Fred, qui entre-temps a perdu ses parents, a vu Michael Jackson pour la dernière fois le 6 juin dernier dans la banlieue de Los Angeles dans laquelle il répétait le show de sa tournée . «Il m’a dit que jamais il ne m’oublierait et qu’il espérait me revoir à Londres ». Le barman lyonnais avait pris ses billets pour la tournée du retour, à Londres. Mais la nuit dernière, il a appris la terrible nouvelle par téléphone, de Los Angeles. « Je suis sous le choc, je ne réalise pas encore. Là, je dois dire que j’ai pris un petit verre pour affronter la journée, mais je voulais absolument témoigner de ce qu’était Michael. J’ai changé mes congés et j’ai pris tout de suite mes billets pour partir à Los Angeles dès demain (aujourd’hui, ndlr). Je veux vivre ce deuil là-bas, pas devant ma télé ».
Visiblement très secoué, Fred Mazé insiste pour faire passer un message à Michael, où qu’il se trouve. « Je veux lui dire que moi non plus je ne l’oublierai jamais et qu’il fera toujours partie de ma vie ».
Françoise Monnet
25 juin 1997, en concert à Lyon : « Un échec économique »
En 1997, Michael Jackson n’était pas en odeur de sainteté. Rumeurs et persiflages aidant, la tournée annoncée ne rencontrait pas le succès escompté.
«Beaucoup de gens disaient qu’il ne viendrait pas, que c’était un sosie qui chantait, il y avait une forme de défiance», se souvient Jean-Pierre Pommier, promoteur du concert de Lyon, le 25 juin 1997 au stade de Gerland.
Pour déjouer ces propos, le producteur de la tournée, Tarak Ben Ammar, avait fait venir la star à Lyon, quelques semaines avant le concert, histoire de faire ce que l’on appelait pas encore du «buzz»….
Le vendredi 13 juin, Michael Jackson avait ainsi débarqué dans la plus grande discrétion à l’hôpital neurologique de Bron, où il avait offert des cadeaux à des enfants malades. Puis il était allé place Ambroise-Courtois à l’Institut Lumière, où il avait assisté à une projection de films, notamment quelques Chaplin, avant de saluer la foule depuis le balcon de la maison des frères Lumière. « Il avait été charmant, très à l’aise. Mais on voyait quand même qu’il avait peur de la foule» se souvient le Lyonnais Jean-Pierre Pommier.
Mais l’opération de promo n’avait pas suffi. Le concert du 25 juin n’avait accueilli que 23000 spectateurs, loin de la jauge nécessaire à la rentabilité du spectacle. Il manquait au moins 7000 billets pour atteindre ce seuil… Et encore, à l’origine, le spectacle devait se tenir à Eurexpo, avec un potentiel de 50 000 spectateurs…
C’était un show à gros moyens. Quelque 240 tonnes de matériel, acheminées par deux avions gros porteurs et une quarantaine de semi-remorques, avaient été nécessaires au montage de ce «One Jackson Show» au coût total de quelque neuf millions de francs de l’époque, avec un déficit de l’ordre d’1,6 MF. La société du producteur de la tournée française, Jean Gemin déposera même le bilan peu après…
«Economiquement, c’était un échec, mais artistiquement, c’était un très bon concert» se souvient Jean-Pierre Pommier, «les effets spéciaux étaient très bien réalisés, et les musiciens étaient excellents. La production nous avait demandé une chorale d’enfants pour la fin du show, c’était très joli.
Mais le souvenir que j’en garde, c’est celui d’une tension, tout était difficile à gérer, parce qu’on savait que ça allait coûter très cher en terme de déficit. Peu à peu, je m’étais retiré du montage économique de cette affaire, je n’ai eu qu’un rôle logistique» explique l’organisateur lyonnais…

