Le pipeline est enterré à 80 mètres sous terre. Il vient de la Drôme et entre en Nord-Isère à Beaurepaire. Il remonte ensuite selon une ligne relativement droite en passant notamment par Cour-et-Buis, Beauvoir-de-Marc, Diémoz, Saint-Quentin-Fallavier, Janneyrias et Villette-d’Anthon. Il traverse alors le fleuve Rhône et poursuit sa route dans l’Ain.
Dans l’Isère, l’oléoduc passe sous des bois, des forêts, des rivières. Autant dire qu’un scénario catastrophe similaire à celui vécu à Crau ferait de sacrés dégâts. Alors faut-il s’inquiéter ? Du côté de la société du pipeline sud européen (SPSE), qui gère l’oléoduc, on se veut rassurant. « Sur un pipeline, on a trois niveaux de surveillance, explique Pierre Schmider, chef de la division maintenance chez SPSE. On surveille d’abord les agressions extérieures, des travaux effectués dans la zone du pipeline qui risquent par exemple d’endommager le réseau. Pour gérer cela, nous effectuons des contrôles deux fois par mois, par avion et en voiture, le long du tracé. Nous analysons ensuite la corrosion du tube une fois par an. Nous passons un robot dans le pipeline, qui va déceler des fuites éventuelles, en analysant les bruits émis dans le tube. Une fuite provoque un bruit particulier facilement détectable. Enfin, tous les dix ans, nous surveillons la perte d’épaisseur du tube, en envoyant un autre robot dans l’oléoduc, chargé d’analyser d’éventuelles déformations. En Nord-Isère, cette analyse a été faite en 2001. »
Un schéma de maintenance parfaitement maîtrisé semble-t-il. Sauf que l’incident de Crau remet le système en question. Cette zone géographique avait elle aussi été analysée de fond en comble en 2001. Et rien de suspect n’avait été relevé. Pourtant, le pétrole a bien réussi à s’échapper sans prévenir. « Pour l’instant, nous cherchons à comprendre ce qui s’est exactement passé, avance Pierre Schmider. Nous allons peut-être devoir augmenter la fréquence de nos analyses, ou bien changer nos outils d’inspection. »
Les municipalités concernées par le passage du pipeline ne semblent pas particulièrement inquiètes. « Les techniciens de SPSE passent nous voir très régulièrement, affirme Evelyne Avias, maire de Cour-et-Buis. On sait exactement quoi faire en cas de fuite, qui appeler. Franchement, nous leur faisons confiance et nous ne nous sentons pas spécialement en danger. »
Les fichiers de la SPSE paraissent effectivement complets : tous les propriétaires des parcelles situées au-dessus du pipeline sont répertoriés, les points de captage d’eau potable sont tous parfaitement connus, les techniciens font le tour des mairies une fois par an. Tout est mis en place pour que la réaction en cas de fuite soit la plus rapide possible.
« De toute façon, le pipeline reste le moyen de transport du pétrole le plus sûr, affirme Pierre Schmider. Beaucoup plus que le camion-citerne. »
Marie Rostang
La trajectoire exacte de l’oléoduc
Le pipeline arrive de la Drôme et passe ensuite par les communes de Beaurepaire, Revel-Tourdan, Primarette, Cour-et-Buis, Meyssiez, Savas-Mépin, Beauvoir-de-Marc, Saint-Georges-d’Espéranche, Diémoz, Bonnefamille, Saint-Quentin-Fallavier, Satolas-et-Bonce, Colombier-Saugnieu, Charvieu-Chavagneux, Janneyrias et Villette-d’Anthon. L’oléoduc traverse en suite le fleuve Rhône et poursuit sa route dans l’Ain.


