Hier matin, 8h30 à Saint-Forgeux. Alors que le village se réveille doucement, l’animation au local de la société de chasse a commencé depuis presque trente minutes. A l’intérieur, Bernard Chavant, fraîchement élu président il y a dix jours, fait l’appel : sur les 59 adhérents, 43 sont au rendez-vous pour l’ouverture de la chasse au gros gibier. « Nous sommes toujours au moins une quarantaine pour le premier jour, c’est un moment important pour tous les chasseurs », commente-t-il.
A ses côtés, un autre Bernard, son prédécesseur. « Je suis membre de l’association depuis près de quarante ans, j’ai commencé quand j’avais quinze ans », se souvient Bernard Poulard, qui connaît la musique : « Aujourd’hui c’est chevreuil, sanglier et renard ».
Assis autour d’un verre, trois chasseurs discutent de cette première chasse. « Le sol est sec, il n a pas plu donc il y aura moins de traces », regrette le premier. « De toute façon le premier jour, c’est rarement un bon jour », ironise son collègue.
Pendant ce temps là, à l’extérieur, on se souvient des temps forts de la saison dernière. Une année pas vraiment fructueuse, si on excepte ce gros sanglier, prise majeure, dont la photo trône encore au mur. « Il y a de moins en moins de grosses prises, explique un habitué, il faut dire que le territoire fait 1 700 hectares, c’est assez peu. »
Bientôt 9 heures, le président sort sur le pas de la porte, les Beurreillons cessent leurs discussions. Avant de dévoiler les postes du jour, Bernard Chavant commence par rappeler les consignes de sécurité : port d’un vêtement fluorescent, fusil rangé dans l’étui quand son propriétaire conduit… Les règles sont inchangées mais strictes. Puis c’est la répartition des postes. « On part aux Shachères (ndlr : dans un bois qui surplombe la commune). Comme d’habitude, ceux qui ont des chiens vont partir rabattre le gibier, les autres vont se poster ». Par groupe de deux ou trois, ou même en solo, les chasseurs en poste sont les premiers à partir. Ils tiendront leur garde tout le matin, prêt à cueillir le gibier éventuel.
Dix minutes plus tard, les traqueurs prennent leurs voitures et se dispersent sur l’un des cinq points de départ de la battue. Impatients, les chiens bondissent des remorques et entraînent leurs maîtres dans le sous-bois. Un coup de corne retentit, annonçant le début de la chasse. La traque va durer jusqu’à midi, puis tous se retrouveront au local pour déjeuner, avant de repartir en début d’après-midi… Un scénario qui se reproduira tous les week-end de septembre, avant l’ouverture de la chasse au petit gibier.
Les battues reprendront en fin d’année, jusqu’à la fermeture programmée le 10 janvier.
De notre correspondante locale, Jessica Bissay

