L’ozone est un gaz irritant pour les yeux et la gorge. Mais, dans le cas d’épisodes qui ne sont pas trop prolongés, « il n’y a pas d’affolement à avoir pour les personnes en bonne santé », explique le Pr Jean-François Cordier, chef du service de pneumologie à l’hôpital cardiologique de Bron. Le médecin souligne ainsi que la pollution n’amène jamais un afflux de patients dans les services de pneumologie. « Les êtres humains vivent avec la pollution depuis la nuit des temps et il est probable que dans les cavernes la pollution était plus importante », remarque le Pr Cordier.
Cependant, il y a des précautions à prendre pour les personnes fragiles. « Pour les enfants asthmatiques, il faut éviter les jeux qui font courir, tout ce qui peut hyperventiler. Et les personnes fragilisées sur le plan respiratoire, souffrant de BPCO (ndlr : broncho-pneumopathie chronique obstructive) ou d’insuffisance respiratoire, doivent éviter de sortir de chez eux », explique le médecin des HCL. Il insiste également sur la nécessité, pour les personnes ayant un traitement au long cours, de bien respecter ce traitement. : « C’est une habitude à bien prendre quand il y a un pic de pollution. »
Les effets sur la santé de la pollution ne se mesurent pas à court terme mais à long terme sur le plan épidémiologique. Selon une étude du réseau de surveillance de l’air Atmo Rhône-Alpes, menée sur Lyon et 18 communes de l’agglomération, 212 décès anticipés auraient été liés à une mauvaise qualité de l’air en 2001 et 2002. Cette étude montre également qu’avec une baisse générale de 25 % des niveaux d’ozone, de dioxyde d’azote et de particules, 154 décès anticipés seraient évités chaque année. Mais les dernières études scientifiques montrent que la pollution aux particules, qui se produit l’hiver, s’avère bien plus dangereuse que la pollution à l’ozone et augmente, en particulier, les risques de maladies cardiovasculaires

