La scène se déroule le 31 mars dans un bar de Chazey-sur-Ain. J.M., 25 ans, jockey au centre équestre du village, débarque avec… un fusil de chasse. Il cherche un certain D., dans l’intention manifeste de lui nuire. Fort heureusement, l’homme n’est pas là ce soir.
L’autre décide de l’attendre et dépose son arme. Un consommateur avisé s’en empare, la décharge. Esclandre. J.M. repart à son domicile situé au camping de Chazey-sur-Ain.
Lorsque les gendarmes frappent à la porte, il est encore surexcité. « Je vais le tuer ! Je vais le tuer ! » répète-t-il. D’où garde à vue, et comparution immédiate, hier, devant le tribunal de grande instance de Bourg-en-Bresse pour menaces de mort.
Pourquoi tant de haine ? J.M. connaît de sérieux problèmes avec la boisson qui lui ont déjà valu trois condamnations pour conduite en état alcoolique. Le 31 mars, il a failli commettre l’irréparable après une soirée arrosée avec son amie tout juste majeure.
Il reproche à D. de tourner autour d’elle, mais surtout de proférer des menaces envers lui et son entourage. « C’est règlement de compte à OK Corral ! » estime l’avocate Me Beneteau. « Ces jeunes ont été dépassés par cet individu plus âgé, qui sort parait-il de 13 ans de réclusion criminelle ».
A plusieurs témoins, D. aurait affirmé vouloir « Lever J.M. (NDLR : comme un lapin) et l’emmener dans la forêt pour lui casser tous les membres ». Entre autres amabilités et provocations, qu’il nie.
D. endosse le rôle de la victime. Jusqu’à nouvel ordre, parce que la justice aimerait entendre ce membre de la communauté des gens du voyage qui a, depuis, quitté le camping de Chazey-sur-Ain. Le prévenu, c’est J.M. « Le premier qui est passé à l’acte » rappelle le procureur Taupin en soulignant « la forte volonté de vengeance et d’anéantissement ».
Une volonté d’autant plus claire que le vengeur furieux avait acheté le fusil aux puces, sans autorisation, le 28 mars. « Peut-être qu’il y a eu menaces, mais votre solution n’était pas la bonne. »
Le parquet a requis et obtenu un an de prison, dont six avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans. Le juge ne l’a pas suivi sur le maintien en détention.
Durant sa peine, J.M. a l’interdiction de rencontrer D. Il vaudrait effectivement mieux que ces deux-là ne se revoient jamais…
M. D

