Tout est parti d’une plainte déposée, au printemps 2009 par la boutique Bouygues Telecom de Roanne pour une escroquerie au téléphone portable. Le modus operandi ? Un individu se présente pour souscire un abonnement avec de fausses pièces d’identité, obtient pour 1 euro un portable des plus onéreux. L’appareil est ensuite revendu, écoulé à la moitié de sa valeur marchande et naturellement aucun prélèvement bancaire n’accompagne la transaction puisque les coordonnées bancaires fournies par l’escroc sont fausses. À la suite de Bouygues Télécom, d’autres boutiques de téléphonie de Roanne déposaient plainte pour le même motif d’escroquerie, ce qui conduisait un juge d’instruction de Roanne à ouvrir en septembre 2009 une information judiciaire. Une cellule du groupement de la gendarmerie de la Loire, spécialisée dans le travail illégal et l’immigration clandestine, commençait ses investigations. Elles allaient aboutir à la mise au jour d’un vaste réseau d’escrocs aux portables dans le Sud-Est de la France. Une occupation particulièrement lucrative puisqu’on estime le montant de l’arnaque entre 300 000 et 500 000 euros. L’enquête des gendarmes ligériens allait aboutir lundi dernier à l’interpellation de neuf individus, tous français d’origine africaine, demeurant dans la banlieue lyonnaise. Trois d’entre eux étaient libérés à l’issue de leur garde à vue. Leur rôle dans le réseau s’avérait minime. Trois autres personnes étaient placées sous contrôle judiciaire. La tête de réseau et deux autres individus étaient écroués à la maison d’arrêt départementale de La Talaudière dans la Loire. Le chef présumé du réseau, un homme de 24 ans demeurant dans la banlieue lyonnaise, avait un rôle très précis.
Particulièrement versé dans les nouvelles technologies, il confectionnait à l’aide de logiciels de reproduction les faux documents. Fausses cartes d’identité, faux documents bancaires chéquiers ou RIB. Munis de ce « kit », les complices du chef surnommés les « attaquants » se présentaient ensuite dans les boutiques de téléphonie locale et, notamment, dans celles de Roanne, une ville qu’ils avaient choisie comme cible. Une fois empochés, les téléphones étaient écoulés à la revente, « en direct » dans la banlieue lyonnaise sous la responsabilité du chef de réseau. D’une valeur marchande estimée entre 300 et 400 euros, les portables obtenus à l’euro symbolique étaient revendus à la moitié de ce prix. Ce démantèlement du réseau lyonnais devrait connaître des prolongements dans les mois à venir. Les investigations se poursuivent.
Outre le domaine de la téléphonie, la bande allait étendre son activité au crédit à la consommation. A l’aide de fausses cartes de crédit, confectionnées grâce à des logiciels, l’arnaque consistait à se faire débloquer des fonds pour acheter du matériel qui était ensuite revendu de la même façon que les portables à un euro.

