« Demain, il fera soleil, c’est donc le moment d’engager des apprentis. » Pour Jean-Paul Mauduy, le président de la chambre régionale de commerce et d’industrie (CRCI), les chefs d’entreprise ne doivent plus hésiter à l’heure où l’Etat et la Région Rhône-Alpes les incitent financièrement à investir dans la formation des jeunes. Cet appel intervient alors que le nombre d’inscrits, pour l’année 2009-2010, dans les centres d’apprentissage de Rhône-Alpes a chuté de 40 % par rapport à l’an dernier (42 000 inscrits en 2008). La CRCI espère bien voir ce pourcentage baisser d’ici à la fin de l’année, mais elle ne croit pas au miracle et le résultat sera très certainement négatif.
La crise économique explique ce net recul de l’apprentissage dans la région. D’un côté, des entreprises, qui voient leur carnet de commandes baisser de moitié voire au-delà dans certains secteurs, ne se précipitent pas pour former des apprentis. Leur avenir leur semble trop incertain. Et du côté des jeunes, le paysage économique actuel ne leur inspire guère de confiance et beaucoup préfèrent poursuivre des études sans passer par la case « apprentissage ». Un choix certes discutable mais dont l’ampleur mérite réflexion de la part de tous les acteurs de la formation et des décideurs économiques. Et si Jean-Paul Mauduy défend le monde de l’entreprise, il invite très fortement les dirigeants à bien comprendre les enjeux d’une telle formation. Pour le jeune, pour l’entreprise et pour la société en général. Et ce qui interpelle le plus le président de la CRCI face à ce malaise, c’est l’effort entrepris par l’Etat et le conseil régional Rhône-Alpes pour faciliter l’embauche d’apprentis : une entreprise bénéficie de 4 400 euros€ minimum d’aides spécifiques (prime Région : 1 000 euros minimum, prime exceptionnelle Etat : 1 800 euros, crédit d’impôt : 1 600 euros) et aucune charge sur le salaire versé. Ainsi, un apprenti CAP déjà engagé coûte seulement 2 000 euros pour une année. De plus, un ou plusieurs apprentis supplémentaires ne coûtent quasiment plus rien. Face à l’urgence de la situation, les CCI de la région ont décidé de déployer dix développeurs d’ici au mois de septembre (dont un à Lyon et un pour les deux CCI du Roannais et du Beaujolais). Leur but : informer les entreprises sur les nouvelles dispositions du plan jeunes et sur l’intérêt d’embaucher un apprenti. Et donc de favoriser la signature de contrats d’apprentissage dans les PME qui n’ont habituellement pas recours à cette formule. C’est prioritairement la tranche des entreprises de 20 à 250 salariés – principal gisement de contrats potentiels – qui sera visée.
Vincent Rocken

