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Rue Sainte Catherine : baisse de la criminalité et des affaires

Publier le Mercredi, juillet 8, 2009 rue ste catherine lyon

La scène est peu commune rue Sainte-Catherine. Minuit trente, heure où la soirée est encore à son apogée, les jeunes étudiants désertent peu à peu les bars. « Désolé, on ne sert plus ». Plus question de reprendre un verre. Celle que l’on surnomme péjorativement « La rue de la soif » retrouve un calme olympien aux alentours de 1 heure du matin, au lieu de 3 heures, depuis l’arrêté préfectoral instauré au 1er juin.

Respecté à la lettre par les 13 établissements concernés, cette décision fait suite aux nombreuses plaintes et pétitions des habitants de la rue Sainte-Catherine, excédés par les nuisances. Problème : après les riverains exaspérés, ce sont les bars qui sont indignés. Pour les gérants, l’injustice réside dans le fait que seul un périmètre très précis est concerné. Il ne s’agit pas, à proprement parler, d’un périmètre d’application, mais d’une série de mesures individuelles de mise à terme des autorisations dérogatoires d’ouvertures tardives au-delà de 1 heure du matin, attribuées à une douzaine de bars et vendeurs à emporter des rues Sainte-Catherine, Sainte-Marie-des-Terreaux, Romarin, Désirée, une partie de la rue Terme et la place des Terreaux. Les discothèques ne sont pas concernées par cette mesure.

La patronne du Shamrock déplore le fait que « les autorités ont fait un amalgame entre les pubs et une minorité de dealers discrets qui est présente rue Sainte-Catherine. Ils tuent une rue. Pourquoi les riverains de la rue Sainte-Catherine seraient plus dérangés que ceux de la rue Mercière ou du Garet ? », s’interroge-t-elle. Jonathan Lejeune, barman mais aussi riverain, trouve la mesure « stupide ». « Le préfet ne se rend pas compte qu’il ne fait que déplacer le problème. Les jeunes, désormais, se déplacent dans d’autres bars, pas préparés qui sont débordés. Ce qui pose problème dans cette rue, c’est surtout le bruit des voitures le soir. Nous, on demande à ce que la rue soit piétonne ».

L’aspect financier devient un problème selon les tenanciers. Le directeur de l’Ayers affirme avoir perdu « 50 % de son chiffre d’affaires et avoir dû licencier beaucoup de personnel ». Les riverains, énervés par le tapage de la rue Sainte-Catherine, sont pour la plupart satisfaits de cet arrêté. Michel Chopelet, habitant depuis vingt ans était l’un des leaders de la contestation. Il confirme qu’il y a « nettement moins de bazar après 1 heure. Les deux points cruciaux, la rue Ste-Catherine et la rue Désirée, sont concernés. Certains habitants sont venus me remercier, mais il reste encore des choses à faire ! » Du côté des consommateurs, les avis sont partagés. Pour Thomas, étudiant, « il ne faut pas oublier qu’il y a des habitants. C’est souvent le bazar dans la rue. Mais je pense qu’il aurait fallu ne pas imposer de fermeture, mais forcer les établissements à déployer les moyens nécessaires pour établir le calme et la sécurité ». Selon Mathieu, étudiant également, « à force de tout interdire, les gens vont rester chez eux ! » Déplacement du problème ou arrêté légitime, la question est posée. La préfecture n’entend pas pour l’heure l’étendre. Toutefois, si la situation dégénère dans d’autres rues, cela pourrait être une alternative.

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