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Suite sur l’agression violente à Lyon

Publier le Jeudi, septembre 17, 2009

A la veille d’une quatrième journée d’audience, décisive, les débats d’hier ont encore gagné en intensité dans le procès réunissant devant la cour d’assises du Rhône un mari accusé d’avoir commandité l’assassinat de sa femme, ses deux complices et sa nouvelle compagne ( Le Progrès des 15 et 16 septembre). Ils ont encore permis de mieux cerner les personnalités des différents protagonistes, de préciser un peu plus leurs motivations et ainsi d’éclairer davantage la cour et les jurés. Si Pierre-Eric Bayle, un chef d’entreprise de 45 ans, a reconnu les faits dès le début de l’instruction, il n’avait cessé jusqu’alors de se réfugier derrière des faux-fuyants, en virtuose de la litote ou du non-dit, pour esquiver les pires aspects d’un dossier globalement accablant. Tout comme Richard Ferrenbach qui a tenté, avec moins de talent, d’apparaître comme un simple intermédiaire, prétendant ignorer jusqu’au dernier moment que Laurent Faggion, l’homme qu’il avait recruté, allait effectivement remplir sa sanglante mission et poignarder sauvagement Isabelle R., la blessant très grièvement. Jusqu’à hier, Faggion était d’ailleurs le seul des trois à reconnaître son geste, dans toute son horreur.

Jusqu’à ce que Pierre-Eric Bayle ne déclare soudain : « Aujourd’hui j’assume et je dis devant mes filles que mon intention était bien d’éliminer Isabelle, leur mère. Je n’ai jamais donné de contre-ordre. » Revenant ainsi sur ses propos antérieurs, il a ajouté qu’il n’avait pas accepté de voir la vérité en face; jusqu’à ce que Laurent Faggion lui donne l’exemple de la sincérité, dit-il en le remerciant. Quand le tueur se fait rédempteur ! « Vous n’imaginez pas ce que je donnerais pour pouvoir revenir en arrière. Ce qui s’est passé c’est la mort de ma paternité, je l’ai suicidée », a énoncé Pierre-Eric Bayle qui, un peu plus tard, a entendu sa fille aînée, aujourd’hui âgée de 17 ans, dire à la barre pourquoi elle avait choisi de ne plus revoir son père depuis juillet 2005, alors qu’une procédure de divorce était engagée : « J’avais 12 ans, il m’a demandé de choisir mon camp. J’ai préféré me taire… Il m’a dit que puisque c’était comme ça, il ne voulait plus me revoir avant cinq ans. Je l’ai pris au mot…» Déclaration édifiante puisque Pierre-Eric Bayle a affirmé avoir projeté l’exécution de sa femme parce qu’elle l’empêchait de voir sa fille…

Peu à peu la lumière se fait, à la grande satisfaction de Jean-Olivier Viout, procureur général. Encore quelques zones d’ombre, toutefois; très peu s’agissant de Laurent Faggion, un peu plus chez Richard Ferrenbach, en dépit de la déposition courageuse de son épouse, partagée entre son amour et l’horreur que lui inspire le crime auquel son mari a apporté son concours. Quand à Stéphanie D., qui aurait peut-être pu tout empêcher, ses larmes ont-elles pour source la vérité ? Réponses, on l’espère, aujourd’hui.

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