« Be you, be here », « Ici, révélez-vous », vante la campagne publicitaire lancée par Lyon à destination des touristes étrangers, misant sur des attraits touristiques plus glamours que son image classique de patrie de l’andouillette.
Cette campagne d’affichage menée notamment dans les aéroports européens comme celui de Londres montre une jeune femme en robe du soir rouge, alanguie sur un pont enjambant la Saône, dans le centre de Lyon.
« Lyon a un potentiel d’attractivité qui n’a pas encore été mis en avant », déplore Olivier Occelli, responsable marketing de l’agence de promotion de l’agglomération lyonnaise, OnlyLyon, à l’origine de cette campagne.
Car Lyon est plus connue pour sa réputation de « coeur de la gastronomie française » que pour l’architecture du Vieux-Lyon, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, et son centre bâti sur une presque-île entre Saône et Rhône.
« France’s gastronomic heartland » comme l’écrivait en juillet le chroniqueur Matt Gross dans le New York Times, dans un article intitulé « In Lyon, a day devoted to the stomach » (« Une journée consacrée à manger »).
Il y évoque les brasseries de Paul Bocuse, baptisées du nom des quatre points cardinaux, plus abordables pour le grand public que son restaurant de Collonges-au-Mont-d’Or, près de Lyon. Mais aussi les fameux « bouchons », servant andouillettes et autres charcuteries, une tradition lyonnaise loin de la nouvelle image dont cherche à se doter la ville.
Lyon, 3e ville la plus touristique de France
Mélina Noël, une touriste canadienne rencontrée dans les rues de Lyon, confie elle aussi être venue spécialement pour tester la réputation de « la ville aux 1.500 restaurants ».
Et pour Marie-Claire Schimmelpenninck, touriste hollandaise, la troisième plus grande ville de France (derrière Paris et Marseille) était jusqu’ici synonyme de « bouchons sur la route des vacances ».
L’objectif affiché par OnlyLyon est pourtant de faire de Lyon « la deuxième ville de tourisme urbain » en France, à l’image de la réussite touristique de Barcelone en Espagne.
Pour l’heure, avec 2,9 millions de nuitées hôtelières en 2008 selon l’office de tourisme, Lyon est devancée par Nice (3,4 millions de nuitées), elle-même loin derrière Paris et ses imbattables 35 millions de nuitées annuelles.
Un vol direct Lyon-New-York existe certes depuis juillet 2008, mais une grande majorité de ses passagers est composée d’Européens passant par Lyon pour se rendre outre-Atlantique.
Pour retenir ces visiteurs ou en attirer de nouveaux, OnlyLyon propose de réserver sur internet des « wonder week-ends » à Lyon, à prix négociés, proposant hébergement et loisirs aux amateurs de « short break » dans une ville « classée au patrimoine mondial de l’Unesco ».
L’Office du tourisme a de son côté mis en place un dispositif de « City Greeters », des Lyonnais qui proposent bénévolement des visites guidées, espérant séduire les voyageurs lassés de l’anonymat des circuits balisés.
Ils peuvent aussi découvrir plus classiquement la ville par bus à ciel ouvert. Ou encore la Saône par bateaux-mouches, le long des quais du Vieux-Lyon et de leur enfilade de maisons qui donnent un air toscan à l’ancienne capitale des Gaules.
La ville a même inspiré à un investisseur de Dubaï un projet de reproduire un « petit Lyon » sur plusieurs centaines d’hectares dans l’émirat, avec école hôtelière, musée des Tissus et… un centre d’entraînement comme celui de l’Olympique lyonnais !

