Le dimanche, dans Lyon, les magasins sont clos sauf ceux du Vieux Lyon, quartier considéré comme zone touristique. La loi Mallié sur le travail dominical, adoptée mercredi à l’Assemblée Nationale par 282 voix contre 232 et débattue la semaine prochaine au Sénat, ne les fera pas ouvrir. Le texte prévoit d’accorder des dérogations exceptionnelles au repos dominical pour les petits commerces dans des zones caractérisées par des habitudes de consommation dominicale. À l’inverse de Paris, Marseille ou encore Lille, Lyon ne figure pas sur la liste des villes concernées.
Richard Mallié, député UMP des Bouches-du-Rhône, a considéré qu’il n’« existe pas d’usage de consommation le samedi et le dimanche » à Lyon. Autrement dit, les Lyonnais ne consommeraient pas plus le week-end. « Les gens ont d’autres priorités que faire les magasins le dimanche », affirme Guy Pellet, président de l’Union des Commerçants du Cours Gambetta et élu à la Chambre de Commerce d’Industrie de Lyon. « La ville est touchée par les départs en week-end. Nous ne sommes pas loin de la mer et de la montagne donc les Lyonnais ne restent pas forcément à Lyon. Même si Lyon avait été incluse dans la liste, les commerçants n’auraient pas ouverts leurs boutiques le dimanche », poursuit-il.
Actuellement, les commerces lyonnais ont la possibilité d’ouvrir cinq dimanches dans l’année mais selon Fabien Delorme, directeur de Tendance Presqu’île, structure qui regroupe acteurs publics et privés du commerce lyonnais, « ils n’en demandent que trois en moyenne ». « L’ensemble de nos adhérents est opposé à travailler le dimanche. Cela ferait plus de frais qu’autre chose », affirme-t-il. Un désamour du travail dominical que l’on retrouve également chez les consommateurs, qui préfèrent être en famille le dimanche. Toutes les parties semblent y trouver leur compte.
La bataille n’est pas gagnée pour autant. De nombreux commerçants craignent que la loi soit à l’avenir finalement appliquée à la ville de Lyon. « Il va falloir rester vigilant. Dans un an, les députés vont se demander : pourquoi pas Lyon ? D’autant que le Vieux Lyon, zone touristique, est concerné par la loi. Mais rien ne définit clairement la notion de « zone touristique », explique Amar Lagha, délégué syndical CGT commerce du Rhône. « À ce compte-là, le Carré de Soie, qui fonctionne déjà sept jours sur sept, aussi est une zone touristique tout comme le Confluent qui en deviendra une. À terme, c’est tout Lyon qui sera considéré comme zone touristique », ajoute-t-il. Fabien Delorme
confie également ses craintes : « Lyon ne pourra pas rester éternellement un village gaulois ».
Anastasia Musart
et Adrien Paredes
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Une ouverture des magasins le dimanche dans le centre-ville de Lyon ? Pas pour tout de suite / photo DR
Loi sur le travail dominical : que dit la loi Mallié ?
La loi Mallié sur le travail du dimanche prévoit des dérogations exceptionnelles au repos dominical pour les établissements de vente au détail dans les agglomérations de plus d’un million d’habitants.
Ce texte concerne les zones caractérisées par des habitudes de consommation dominicale. Elles sont dénommées périmètres d’usage de consommation exceptionnelle (PUCE). Une quinzaine de zones, dont Lyon ne fait pas partie, a été définie.
Seul le préfet de région est habilité à délimiter le PUCE sur demande du conseil municipal et à dispenser les autorisations de travail le dimanche.
Chaque salarié travaillant le dimanche devra percevoir une indemnité au moins équivalente au double d’un jour travaillé en semaine et bénéficier d’un jour de repos compensatoire.

