Usé, vieilli, fatigué. Ces mots cruels prononcés à l’adresse d’un président pourraient s’appliquer à Jean-Claude Vaze qui s’est donné la mort dans sa cellule individuelle de Corbas. Celui-ci devait comparaître en cour d’assises d’appel à Saint-Etienne du 14 au 20 octobre prochains pour l’assassinat de Simon Jochimec commis sur une route d’Espagne avec la complicité de sa maîtresse. Il a jeté l’éponge le lendemain de son 63e anniversaire. Une date symbolique que personne dans sa famille n’a souhaité se souvenir ne serait-ce que par l’envoi d’une simple carte. Et qui aujourd’hui prend toute sa résonance. Mercredi, sa fidèle avocate, Isabelle Damiano qui le suivait depuis six longues années est venue lui rendre visite dans sa nouvelle « demeure » de Corbas. Pas seule de surcroît : accompagnée de Me Yanina Castelli tout récemment entrée dans le dossier après que Me Jacques Vergès ait finalement jeté l’éponge pour cause d’un agenda surbooké. Me Castelli, qui le rencontrait pour la première fois mais dont on connaît la longue expérience en matière de dossiers criminels, l’a trouvé « très bizarre » au cours de l’entrevue : « Il a même évoqué la possibilité de se désister de son appel car il avait peur de subir cette nouvelle épreuve, ce nouveau combat ». Une impression confirmée par Me François Saint-Pierre, débarqué de la défense mais qui bec et ongle au procès de janvier 2008 réclama l’acquittement. « J’ai toujours eu le sentiment que Vaze était un homme fragile et triste ». Bien loin des qualificatifs dont il fut affublé au cours de la tourmente : intéressé, menteur, manipulateur, mythomane, parasite, proxénète. N’en jetez plus. Isabelle Damiano, très affectée par le drame, a le souvenir d’un « homme affable et respectueux des convenances ». Il aurait vécu très mal son transfert à la nouvelle maison d’arrêt de Corbas où « les contacts n’existent pratiquement pas derrière des glaces sans tain ». Son travail en détention ne lui permettait pas de se rendre à la bibliothèque, il n’avait pratiquement plus de contacts avec ses proches et se sentait diminué. Récemment le service médical lui avait prescrit la pose d’une genouillère laquelle sans motif lui avait été refusée par l’administration. Une petite misère de plus dans un océan de solitude.
Michel Girod

