Il était « de tous les combats qui ont fait le renouveau de la médecine générale ». Le docteur Pascal Dureau, confrère et ami du docteur Jean-Pierre Terrien militait comme lui au sein du syndicat MG France et dresse le portrait d’un homme « toujours en mouvement ».
Savoyard d’origine, Jean-Pierre Terrien a fait ses études de médecine à Lyon, où il a soutenu sa thèse en 1977. Il est déjà très engagé quand il milite en faveur de l’avortement, et son investissement en matière de prévention et de santé publique ne s’est jamais démenti.
Quand il crée un cabinet de groupe, d’abord installé boulevard des États-Unis dans le 8e arrondissement de Lyon, il fait figure de précurseur.
Ce mode d’exercice est alors peu courant en ville dans les années quatre-vingt et l’intérêt du médecin pour l’innovation ne s’est jamais démenti. Ainsi était-il président de l’association des médecins généralistes pour l’informatisation et la télétransmission.
Mais, au-delà de cet aspect technique, c’est une médecine humaine, proche de ceux qui en ont le plus besoin, qui motivait ce sexagénaire décrit comme « toujours curieux, toujours de bon conseil et qui avait le cÅ“ur sur la main ».
Depuis les années quatre-vingt, d’autres médecins ont rejoint son cabinet, aujourd’hui situé 121 rue Professeur-Beauvisage, à quelques centaines de mètres du premier site.
Il avait choisi d’exercer dans un quartier dont une partie de la population est en grande difficulté. Il y a quelques mois, le cabinet avait été cambriolé, mais il en fallait plus pour décourager ce militant de la médecine générale. Vice-président du syndicat MG 69, Jean-Pierre Terrien était aussi président de la maison médicale de garde (MMG) de l’avenue Berthelot à Lyon, et secrétaire général des MMG de Lyon.
Très actif, il était membre du Réseau Sida de Lyon et de Courlygones, une association de professionnels de la santé qui diffuse auprès des parents des informations sur la conduite à tenir quand leur enfant est malade.
Il s’intéressait aussi à la formation, initiale et continue, recevant des internes en médecine générale et étant formateur à MG Form Rhône-Alpes.
Il avait notamment conçu un séminaire sur la santé des migrants et militait au sein de Santé Sud, une ONG (organisation non gouvernementale) œuvrant au développement durable de la santé.
Ces derniers jours, il devait rédiger, avec le conseil de l’ordre, une lettre appelant tous les médecins à se mobiliser face au risque de grippe H1N1, afin de renforcer les généralistes en cas d’épidémie.
Et, malgré ces multiples engagements, malgré son âge, il faisait encore des gardes et participait à la régulation.
C. M.


