« Son discernement était gravement altéré, mais vous ne pouvez pas banaliser cet acte parce que le gêneur a disparu », a déclaré l’avocat général Christian Ponsard, réclamant en outre cinq ans d’interdiction des droits civiques, civils et de famille à l’encontre d’Amandine Madrid.
« C’est un crime odieux et la sympathie que l’accusée peut provoquer en vous ne doit pas faire disparaître l’horreur du crime », a-t-il lancé aux jurés. Le 7 novembre 2007, la jeune femme avait étouffé et poignardé à deux reprises son nouveau-né avant de dissimuler le corps dans un placard de l’apparement familial.
« Ce bébé, on ne peut pas faire comme si il n’avait pas existé », même s’il n’y « a personne pour dire que sa mort est injuste », a déclaré le magistrat, soulignant l’absence de parties civiles dans cette affaire.
« Ce qui s’est passé n’est pas uniquement lié à la panique, elle savait que cet enfant ne vivrait pas », a poursuivi M. Ponsard, pour qui l’accusée avait « nié jusqu’au bout la réalité de la vie de cet enfant ».
Suivant les expertises psychiatriques, il a toutefois relevé des « circonstances atténuantes » à l’accusée, une jeune fille « intelligente et cultivée » qui risquait la réclusion à perpétuité.
Il a aussi souligné un « sentiment de solitude, lié à la mort de son père, mais paradoxal, car elle était très entourée » par ses proches et la « très grande détresse d’être seule pour mettre un enfant au monde ». « Elle est coupable mais elle n’est pas le seule responsable », a lancé l’avocat général pour qui le petit ami de l’accusée « avec son attitude plus que désinvolte » a « une responsabilité morale évidente ».

