Malik avait 19 ans, un bac pro en poche et l’assurance de suivre une formation d’ambulancier. Le soir du 27 mai 2006, il doit sortir en boîte avec un ami et se rend d’abord chez une connaissance de ce dernier. L’appartement se trouve à Villeurbanne, rue Louis-Goux. Il est occupé par une jeune fille qui a invité d’autres personnes. La soirée s’annonçait tranquille, elle se termine en cauchemar. Durant la soirée, Malik se fait subtiliser sa sacoche. Bien décidé à la récupérer, il va être la cible d’une violence inouïe et fini par succomber sur un trottoir, atteint de sept coups de couteau.
Quatre personnes sont activement recherchées. La jeune fille, âgée de 17 ans et soupçonnée d’avoir envenimé les choses durant la soirée, est vite interpellée. Trois autres individus, tous de Vaulx-en-Velin, sont en revanche en cavale. Ils sont arrêtés dans les semaines qui suivent en Algérie et en Espagne.
C’était il y a trois ans et c’est toute une famille qui a été anéantie par ce drame. « Malik était fils unique et vivait à moitié à Oullins et Villeurbanne car ses parents étaient séparés. Depuis trois ans, sa mère est en profonde dépression et son père survit, se raccrochant à ce qu’il peut », explique Kalida, la tante de Malik. Outre la peine, la famille vit dans l’attente difficile d’un procès dont elle ne voit pas la date. Si les quatre accusés ont été mis en examen pour homicide volontaire, l’instruction est longue et délicate comme dans tout dossier d’action collective où les uns et les autres se renvoient les responsabilités. S’ils sont passibles des assises, les agresseurs présumés ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire, après avoir effectué au mieux, pour deux d’entre eux, un an de détention provisoire. « Le dossier n’est pas enterré et la remise en liberté ne saurait constituer une reconnaissance d’innocence, ni même une atténuation de la responsabilité », précise-t-on au parquet. De quoi rassurer la famille ? « C’est une épreuve terrible que de les imaginer se promener librement et de peut-être les croiser n’importe ou, n’importe quand », avoue Yanissa, la cousine de Malik. « Nous sommes en détresse » renchérit Kalida, « et nous espérons que le procès ait vite lieu et que les lois de la République honoreront la mémoire de Malik ».

