Si la Croix-Rousse est « la colline qui travaille », Fourvière est « la colline qui prie ». Mais avant d'être sacrée, elle fut romaine : c'est ici, sur ces pentes dominant la Saône, que Lyon est tout simplement né.
Lugdunum, capitale des Gaules
En 43 avant J.-C., les Romains fondent sur la colline la colonie de Lugdunum. La ville devient rapidement la capitale des Gaules, carrefour des grandes voies romaines, siège du pouvoir impérial en Gaule et lieu de naissance de deux empereurs, dont Claude. Au sommet, le nom même de « Fourvière » vient du latin Forum vetus, le « vieux forum ».
De cette splendeur antique subsistent des vestiges remarquables, à flanc de colline :
- les théâtres romains : le grand théâtre (le plus ancien de France, pouvant accueillir plusieurs milliers de spectateurs) et l'odéon, plus intime ;
- le musée Lugdunum (anciennement musée gallo-romain), à demi enterré dans la colline, qui conserve mosaïques, inscriptions et la fameuse Table claudienne, plaque de bronze gravée du discours de l'empereur Claude.
Chaque été, les Nuits de Fourvière redonnent vie aux gradins antiques avec un festival de musique, théâtre et danse de renommée internationale.
La basilique Notre-Dame de Fourvière
Au sommet trône l'emblème de Lyon : la basilique Notre-Dame de Fourvière, édifiée à la fin du XIXᵉ siècle. Sa silhouette blanche, hérissée de quatre tours et mêlant les styles roman et byzantin, est visible de presque partout dans la ville.
Sa construction tient à un vœu. En 1870, alors que la guerre menace Lyon, les habitants promettent d'élever un sanctuaire si la ville est épargnée. Elle le fut. À l'intérieur, l'éblouissement est total : mosaïques monumentales, marbres, dorures et vitraux racontent l'histoire mariale et lyonnaise. Sous la basilique, une crypte dédiée à saint Joseph mérite le détour.
À côté de la basilique, la Tour métallique de Fourvière (1894) ressemble à s'y méprendre au sommet de la tour Eiffel. Longtemps émetteur de télévision, elle reste le point le plus haut de la colline.
Le 8 décembre, Fourvière et les lumignons
La colline est indissociable de la Fête des Lumières. L'origine remonte à 1643 : pour conjurer la peste, les échevins de Lyon firent le vœu de gravir Fourvière en procession. Plus tard, le 8 décembre 1852, l'inauguration de la statue dorée de la Vierge fut saluée par les Lyonnais qui illuminèrent spontanément leurs fenêtres de petites bougies, les lumignons. La tradition n'a jamais cessé : chaque année, la ville s'embrase pendant quatre soirs, et Fourvière en reste le cœur spirituel.
Le plus beau panorama de Lyon
Depuis l'esplanade de Fourvière, la vue embrasse toute la ville : les toits de tuiles rouges, les deux fleuves, la Presqu'île, la Part-Dieu et ses tours. Par temps clair, à l'horizon, on devine les Alpes et le Mont Blanc. C'est l'endroit idéal pour comprendre d'un seul regard la géographie de Lyon, lovée entre Rhône et Saône.
En pratique
- Y monter : le plus simple est le funiculaire (la « ficelle ») depuis la station Vieux-Lyon (métro D). Les courageux grimpent à pied par les jardins du Rosaire, en lacets ombragés.
- À voir : basilique (entrée libre), musée Lugdunum, théâtres romains, esplanade.
- Quand : en fin d'après-midi pour la lumière sur la ville, ou l'été pour les Nuits de Fourvière.
Monter à Fourvière, c'est remonter aux origines de Lyon et embrasser la ville d'un seul regard. Sacrée et panoramique, la colline reste, deux mille ans après sa fondation, le belvédère de toute une cité.